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Never grow up
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Stars couldn't shine without darkness

Chapitre 8

Peter survola de l’île pour la centième fois et la nuit était presque entièrement tombée. Avant son départ du lagon, les sirènes lui avaient fait part d’une partie du plan de Crochet. Le seul problème, c’est qu’il était parti juste avant qu’elles ne le lui révèlent. Mais le plus important maintenant c’était de retrouver Roxane et Clochette. Il finit par se poser au bord de l’eau où il avait une vue parfaite sur le Jolly Roger. Inquiet, il s’assit sur un rocher et regarda au loin.

Mais qu’est ce qui lui avait pris de prendre part aux moqueries des sirènes ! Il se refusait de croire qu’il s’était finalement trop attaché à Roxane. C’est vrai elle était restée beaucoup plus longtemps que Moira ou Emily, elle était aussi plus… Libre ! Il se remémora le jour où Jane était arrivée au pays imaginaire. Roxane avait réagit un peu comme elle en fait. Elle avait bloqué sur le fait qu’il était « réel ». Peter esquissa un petit sourire. Puis quelque chose attira son attention dans le reflet de l’eau. C’était comme… une silhouette ! Et elle volait ! Il releva brusquement la tête et la chercha dans le ciel, en vain. Son cœur s’accéléra, il n’était pas sur du tout de ce qu’il avait vu mais il avait un mauvais pressentiment. Il s’envola au lagon des sirènes.

*

Heureusement, elles n’avaient pas encore quitté leurs coquillages de nacre.

- Qu’est ce que c’est ! S’exclama Peter avant même d’atterrir.

- Qu’est ce que c’est quoi rétorqua la blonde d’un air boudeur.

- Le plan de Crochet, qu’est ce que c’est ! Répéta Peter, agacé

- Oh, ça n’a plus grande importance maintenant, pouffa la rousse, puis toutes les quatre gloussèrent en chœur.

- Dites moi, c’est important ! Je vous en supplie !

La sirène blonde plongea de son rocher pour réapparaître littéralement sous le nez de Peter.

- Oh, si notre cher Peter Pan nous supplie… Elle se tourna vers les autres qui gloussèrent de plus belle. En fait, il compte rejoindre ta bien aimée Roxane (elle appuya ironiquement sur son nom) pour la tuer, enfin, c’est ce que nous avons entendu ! Mais c’est ce que je disais, ça n’a plus grande importance maintenant ! Elle posa sa main douce sur celle de Peter.

Il la retira brusquement et se releva. Puis il repensa à la silhouette qu’il avait entre-aperçu s’envoler tout à l’heure. Clochette lui avait raconté une histoire a propos de poussière de fée bleue que Crochet avait essayé de voler un jour, un seul grain suffisait pour fabriquer beaucoup de poussière en très peu de temps. Peut être que Crochet avait réussit à garder un peu de cette poussière ! Peut être même qu’il venait juste de s’en servir ! Peter se précipita vers la deuxième étoile à droite.

*

Roxane venait tout juste de s’envoler avec Clochette, Clark et Gable. Ça lui faisait bizarre de voler avec un pigeon. Puis elle sourit. Qu’est ce qui lui prenait de penser à ça alors que voler tout court c’était juste hallucinant ! Enfin bref. Au début, elle avait eu beaucoup de mal à se stabiliser. Une fois elle était à la hauteur de Clochette, une autre, elle se retrouvais à 15 mètres en dessous sans savoir comment elle avait fait. Mais au bout de quelques centaines de mètres, elle commençait à avoir « le truc » ! Au final, elle s’en sortait plutôt bien ! La deuxième étoile paraissait si énorme et si lointaine en même temps que Roxane ne croyais pas pouvoir y arriver avant le coucher du soleil ! Quand ils prirent de la vitesse, elle devait cligner des yeux toutes les secondes, ou presque ! Elle regretta de ne pas avoir emporté les lunettes d’aviateur de son frère ! Lui qui adorait les avions, voler comme ça il devait en rêver jour et nuit ! Roxane se promit de lui ramener un peu de poussière en cachette. Puis de sa grosse taille, l’étoile en devint énorme, puis gigantesque, puis ils passèrent littéralement à travers où Roxane aperçut Big Ben au loin. Le petit groupe (accompagné du pigeon!) ralentit jusqu’à arriver au dessus de la Tamise où ils s’arrêta.

- Eh bien voilà, nous sommes arrivés ! Tu peux rentrer chez toi maintenant ! Dit Clochette en lui souriant gentiment. Puis elle fis un geste qui désignait toute la ville, elle avait presque oublié que Roxane ne la comprenais pas !

- Oh, oui merci ! Répondit Roxane qui comprenait à peu près.

- Au revoir Roxane ! Salua Clochette avec un petit signe de la main, puis elle s’éloigna avec Clark et Gable qui firent de même :

- Au revoir Mademoiselle Roxane !!

- Au revoir mes amis ! Dit Roxane en leur retournant leur signe.

A présent, elle était livrée à elle même dans le monde réel… Non pas que le pays imaginaire n’était pas réel, bien au contraire ! Mais disons, qu’elle allait retrouver sa vie normale de lycéenne qui ne se contenterais plus que de ses notes en maths et en français !

Elle passa dans les rues de la grande ville où le trafic ne s’arrêtait jamais mais personne ne semblait la remarquer. Elle demanda pourquoi mais écarta cette question, impatiente de retrouver son père et son frère ! Le soleil couché, (Roxane avait raison, lorsqu’ils avaient traversé l’étoile, la nuit était déjà tombée), elle repéra difficilement sa rue qui était placée un peu à l’écart du centre ville.

Quand elle atterrit, elle faillit se tordre une cheville. Décoller c’était facile, voler ça allait mais Roxane n’avait pas vraiment pensé à l’atterrissage !

Bien qu’à terre, la poussière restée dans ses cheveux faisait s’envoler quelques mèches. Elle repensa a son frère et s’efforça de la récolter dans sa chemise qui d’ailleurs, n’était plus très blanche.

Elle se précipita vers la porte de sa maison, elle faillit glisser sur les marches du porche puis clancha.

Mince, elle avait oublié ses clefs. Enfin, disons que sur le coup, elle n’avait pas pensé à les prendre dans la poche de sa chemise de nuit. Elle appuya donc sur la sonnette. Une fois, deux fois, trois fois même, mais personne ne vint lui ouvrir. Elle opta alors pour une option un peu plus radicale. Elle toqua à la porte un peu brusquement, elle commençait à s’inquiéter !

- Papa ? Papa c’est moi, ouvre moi ! S’écria Roxane.

Un voisin ouvrit sa fenêtre et lui balança quelques insultes minimes à la figure.

- Désolée, oui excusez moi mais je dois rentrer chez moi ! S’indigna-t-elle. Le voisin en colère réprima rageusement une dernière menace puis claqua sa fenêtre.

Soudain, du bruit se fit entendre dans sa maison, la poignée s’abaissa, la porte s’ouvrit. Rob, le père de Roxane était en pyjama peignoir et chaussons, l’air pas du tout réveillé. Quand il réalisa que sa fille se tenais juste devant lui, il bloqua. ( A croire que c’était de famille ! )

- Je… J’ai… On a appelé la police, je… on t’a cherché partout ! Puis il l’enlaça comme si il ne voulais plus jamais se séparer d’elle.

Roxane ne savait pas s’il pleurait ou s’il était juste heureux mais elle ne chercha pas à le savoir, tout ce qui comptait, c’était d’être rentrée à la maison.

*

Nathan était devant la télé quand Roxane et Rob arrivèrent dans le salon.

- Nathan ? L’appela Rob. Le garçon se retourna et, quand il vit Roxane souriante dans des habits du 19e siècle, il n’en crut pas ses yeux !

- T’est revenue ! T’était passée où ?! Il se précipita dans ses bras en riant et pleurant à moitié.

- C’est rien j’ai été absente que un ou deux jours ! Mais je suis rentrée maintenant ! Elle le souleva et le serra fort dans ses bras.

- Tu rigole ! Ça va faire près de deux semaines que tu est partie ! Il s’écarta et la contempla. Mais c’est quoi ces fringues !

- Oh, c’est une longue histoire, si je te la raconte, tu ne me croiras pas ! Ria-t-elle doucement.

Elle leur raconta ce qu’ils voulaient entendre sans évoquer Peter ou le pays imaginaire. D’après elle, elle avait été enlevée mais elle avait réussi à s’échapper et s’était réfugiée dans une famille qui l’avait accueillie et soignée.

Nathan remarqua les brûlures des cordes sur ses poignets encor visibles, Roxane repensa aux indiens et insinua que c’était son agresseur qui l’avait attachée.

- Il faut tout de suite prévenir la police ! Tout le continent te recherche !

- Non Papa s’il te plaît ! Elle avait peur que les policiers ne croient pas son histoire tout juste inventée

- Laisse moi au moins les prévenir que tu est en vie ! Il fronça les sourcils et Roxane n’osa pas le contredire, après tout, cela ne faisait qu’une heure qu’elle l’avait retrouvé !

Rob se dirigea vers la cuisine où il décrocha le téléphone.

Pendant ce temps Roxane vint s’asseoir à coter de Nathan sur le canapé. Ses yeux se fermaient tout seul et il lui déposa un bisou sur la joue.

- J’suis trop crevé, faut que j’y ailles moi !

- Fait de beaux rêves p’tit frère ! Lui lança Roxane en lui ébouriffant les cheveux. Je vais y aller moi aussi.

Nathan était déjà en pyjama et monta directement se coucher.

En attendant que Rob finisse son appel, Roxane ferma les yeux. Elle était elle aussi fatiguée de son aventure récemment terminée. Elle regrettait juste de ne pas avoir pu dire au revoir à Peter. En fait, elle était plutôt triste d’être partie aussi brutalement. Quand elle rouvrit les yeux, ils se posèrent sur un portrait de sa mère posé sur la cheminée. Elle se demanda si Peter l’avait connue, c’est a ce moment qu’elle se souvint de sa discussion avec lui dans l’arbre.

«  En premier il y à eu Wendy et ses deux frères, Michael et John, puis Jane, c’était la belle époque tout ça ! Après, il y à eu Emily et sa sœur Lucy et enfin Moira »

Elle se leva et se dirigea vers la bibliothèque du salon, elle pris le livre de famille et chercha dans le sommaire. « Photos », non. « Voyages », non plus. Ah ! « Arbre généalogique » !

Elle trouva la page de ces ancêtres les plus lointains. En tourna deux puis elle chercha. Wendy Darling, John Darling, Michael Darling ! Une page plus tard, Jane Darling White, ensuite, Emily et Lucy White Collins et enfin, Moira Collins Daniels.

Rob arriva dans le salon où il trouva Roxane debout.

- Qui y a-t-il chérie ?

Pour toute réponse, Roxane posa le livre sur la table basse et s’assit dans le fauteuil le plus proche.

- Oh… Dit Rob,

- Toute cette famille… L’a connu.

- Oui, ça peut sembler bizarre.

- C’est carrément fou oui ! Donc Maman est allée là bas.

Rob hocha doucement la tête.

- Elle est revenue avec lui, elle l’a convaincu de venir vivre avec nous. Tous les trois nous étions meilleurs amis, puis il a du y retourner. Le pays imaginaire était envahi et depuis, on ne l’a plus jamais revu.

- Moi je l’ai revu. Crochet m’a enlevée, il voulait se servir de moi pour le tuer, il a échoué, heureusement. Mais on s’est disputés et je suis partie sans lui.

- Il doit avoir bien changé, ce n’est plus un enfant…

Roxane regarda son père. Il avait l’air fatigué et déprimé, plus que d’habitude.

Elle se leva et le serra dans ses bras.

- Je vais aller me coucher, ça a été un vol fatiguant ! Elle lui souhaita bonne nuit puis monta dans la salle de bain.

Quand elle se vit dans le miroir, elle se rendit compte combien elle était sale. Son visage était couvert de terre et de poussière, ses cheveux étaient secs et en bataille. Leurs pointes qui descendaient en cascades dans son dos étaient parsemées de feuilles et même de quelques brindilles. Elle défît son corset, ce qui parut la libérer d’un poids énorme et déboutonna sa chemise couverte de terre elle aussi. Ses épaules n’étaient pas mieux, une branche l’avait griffée jusque sur le buste, peut être lorsque elle courrait dans la jungle. Puis elle fit couler l’eau chaude de la douche. Elle enleva ses chaussures et son pantalon, coiffa ses cheveux et se glissa sous l’eau. Elle était stupéfaite d’apprendre que Peter avait connu sa mère, son père et même sa grand mère ! Quand elle passa ses mains sous l’eau chaude, ses poignets la lancèrent. Elle avait presque oublié que ses brûlures n’étaient pas encore guéries. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de penser à Peter, à ses parents qui ne lui avaient rien dit de leur rencontre avec lui. Si elle comprenait bien, Peter avait passé presque trois ans dans cette maison avec Moira et Rob. Puis, elle arrêta de penser, elle ne réfléchis plus, elle était trop fatiguée, dépassée par cette aventure. Elle ne bougeait plus, elle se tenait juste debout sous l’eau qui s’écoulait presque noire dans la baignoire. Au final, elle se savonna et lava ses cheveux. Lorsqu’elle sortit, elle attrapa une serviette, se sécha et enfila une de ses chemises de nuit, puis elle se brossa énergiquement les dents. Il faisait tellement chaud que ses cheveux étaient déjà secs lorsqu’elle sortit pour se diriger vers sa chambre. Nathan dormait profondément et Roxane referma sa porte qu’il avait laissé ouverte. Puis elle traversa le couloir pour finalement ouvrir sa porte.

Elle entra et la referma derrière elle. Mais quand elle se retourna, Crochet se tenait devant la fenêtre.

*

Roxane se retînt de crier. Le Capitaine avait équipé un Crochet aiguisé à l’arrondi tranchant.

- C’est ironique non ? Susurra Crochet, il la fixa avec ses yeux emplis de folie.

Elle ne répondit pas, elle restait juste face à lui en se concentrant à garder un regard dur.

- Vois-tu… C’est ici que toute cette histoire a commencé et… C’est ici qu’elle va se finir ! Il fit quelques pas dans sa direction, elle recula mais arriva bientôt dos à la porte.

- Sauf si bien sur, tu coopère. Il attendit une phrase, un mot qui ne venait toujours pas. Si tu me livre ce Peter Pan, alors je te laisse la vie sauve ainsi que celle de ta famille.

Roxane pris son courage à deux mains et lui lança :

- Et pourquoi est ce que je vous le livrerais ?

- Ce n’est qu’un gamin ! Un moins que rien qui ne pense qu’a lui, il n’est même pas revenu pour te raccompagner chez toi !

- Et qui vous dit que j’avais envie qu’il me raccompagne ?

Crochet resta sans arguments, Roxane s’avança d’un air provocateur.

- Très bien gamine, si tu veux mourir, tu passera la première, dit Crochet en pointant son pistolet du 19e siècle sur sa tête.

Le cœur de Roxane s’accéléra, c’était donc avec une balle dans la tête qu’elle allait mourir, juste après avoir retrouvé sa famille. Malgré tout, elle regarda Crochet dans les yeux sans ciller.

*

La porte de la chambre s’ouvrit et Rob entra. Quand il vit Crochet, il s’apprêta à courir vers Roxane.

- On se calme, si tu fais un pas de plus, je lui tire une balle. Dit calmement Crochet.

- D’accord, d’accord, dit Rob en refermant la porte derrière lui.

- Ne bouge pas, j’ai dit ! S’exclama le Capitaine.

Rob se plaqua contre la porte.

- Je ne vous livrerais jamais Peter, vous pouvez toujours rêver ! Cracha Roxane. Puis elle le regarda de bas en haut. Vous n’êtes qu’un monstre dépourvu d’humanité, vous êtes vieux et pourri à l’intérieur ! Allez en enfer.

- Mais ma douce, susurra de nouveau Crochet, mais cette fois, il passa son crochet sur sa joue où une larme de sang vint couler. Roxane eut un mouvement de recul mais il rapprocha le revolver, elle se laissa faire, rageusement.

- Nous sommes déjà en enfer ! Puis un rictus de folie se plaqua sur son visage, ses yeux ne la reflétant que de plus belle et son rire incontrôlable résonna dans la chambre.

- Enlève ta sale patte de là, lança une voix derrière Crochet.

- Tiens tiens, Peter Pan, enfin ! Nous t’attendions !

*

Quand Peter était arrivé, il avait vu ce qu’il craignais le plus. Crochet menaçait Roxane qui se tenait à à peine un mètre de lui. Il n’était armé que de son poignard et s’apprêtait à le lancer une bonne fois pour toutes dans le dos de Crochet.

- Si tu fais ça je la tue, sourit Crochet. Jette ton poignard en bas.

- Non Peter ne fait pas ça ! Lui cria Roxane

Peter, la regarda, il la voyait a peine derrière Crochet mais lâcha a contre cœur son poignard dans le jardin, en contrebas.

- Bien, maintenant, tu vas la regarder mourir. Puis Crochet engagea la balle dans le corps du revolver et appuya sur la détente.

Peter réagit rapidement, il se propulsa vers Crochet et dévia la balle de peu. Elle effleura la joue de Roxane qui avait fermé les yeux et se logea dans la poitrine de Rob qui était toujours plaqué contre la porte.

Roxane se retourna sans se soucier de Crochet qui était aux mains avec Peter ou de la brûlure qui lui lacerait la joue. Il avait lâché son revolver dans la bataille.

Rob respirait a peine, la balle avait touché sa poitrine du coter gauche et il s’était effondré contre la porte.

- Tout va bien se passer, je te le promet, Je vais appeler le 112, ils vont arriver d’une minute à l’autre, je vais rester là, avec toi !

Rob suffoquais, son tee-shirt et son peignoir s’imbibaient de sang.

Soudain, quelqu’un tambourina à la porte.

- Roxane ? Qu’est ce qui se passe, j’ai cru entendre un coup de feu !

- Nathan sors de la maison, appelle la police, va chercher de l’aide, Papa est blessé ! Sanglota Roxane.

Mais Rob ne bougeais plus, un peu de sang coulait de ses lèvres mais ses yeux restaient ouverts, Roxane le secoua.

- Papa ? Papa ! Papa réponds moi, cria elle en pleurant.

Des pas se firent entendre en dévalant les escalier, Nathan était parti. Roxane sanglota et fermant les yeux de son père et le serra contre elle en pleurant.

De l’autre coter de la chambre, Crochet frappa Peter au ventre ce qui expira toute son air et le déstabilisa. Une forte douleur remonta jusque dans la gorge de Peter qui ne pouvait plus respirer. Crochet en profita pour lui écraser le pied, Peter cria de douleur, il avait réussi a reprendre sa respiration puis il s’envola pour planter ses doigts dans les yeux de Crochet qui recula en se les couvrant de sa main. Il poussa un cris et shoota dans le genou gauche de Peter qui perdit l’équilibre. Il essaya de se relever mais la jambe défaillait a chaque fois. Crochet empoigna la tête de Peter et la lui cogna violemment contre le mur. Complètement sonné, il restait à terre avec une douleur insoutenable au ventre et à la tête. Il sentait un liquide chaud couler de son front et de son oreille, sa vue était troublée mais il voyais bien Crochet arriver vers lui. Il tenta de se relever en prenant appuis sur son bras gauche mais Crochet lui assena un violent coup de pied dans les cotes. Il cria de douleur et cracha un peu de sang. Mais le Capitaine revenait en levant haut son crochet.

- Eh, le vieux ! S’exclama Roxane, puis elle lui balançant un chausson à la figure.

- Espèce de… Mais Roxane chargea et le frappa à l’entrejambe avec son pied. Il se recroquevilla sur lui même puis elle lui cassa un lourd vase en verre sur la tête. Il s’écroula, inerte.

Roxane se précipita vers Peter qui était étendu par terre. Il respirait difficilement et Roxane était essoufflée, de l’adrénaline plein les veines. Après une bonne minute sans rien dire, Peter respirait mieux et Roxane l’aida a se redresser.

- Tu vas bien ? S’inquiéta-t-elle, les larmes aux yeux.

Peter hocha la tête. Mais Roxane, sous le choc, fondit en larme. Il la pris dans ses bras et elle sanglota de plus belle. Quelques minutes passèrent puis Peter pris la paroles.

- C’est de ma faute s’il est revenu, s’il a tué Rob, j’aurais dû te raccompagner, j’aurais dû mieux te protéger, j’aurais dû…

- Chhht… Roxane qui n’avait pas arrêté de sangloter posa une main sur son menton. Elle s’écarta, les yeux rouges encore larmoyants. Ce n’est pas de ta faute, ce n’est la faute de personne… Dit-elle en le regardant dans les yeux. Malgré la pénombre, elle distinguait leur couleur, d’un vert émeraude, qui s’accordait parfaitement avec ses cheveux noisettes bouclés. Elle passa une main dedans et dessina une boucle du bout des doigts, puis son regard glissa sur sa bouche.

- Non… J’aurais dû faire plus attention, je suis désolé, je t… Mais Roxane se rapprocha subitement de lui. Il était tellement enivré par son haleine de menthe fraîche qu’il en eut le souffle coupé. Sans réfléchir il rapprochait lentement son visage du sien. Finalement, leurs nez se touchèrent et il sentit une larme s’immiscer entre eux.

- Ne pleure pas… Il essuya les larmes de Roxane qui continuaient de couler jusqu’au coin de sa bouche qu’il effleura du pouce. Elle releva la tête, esquissa un sourire triste. Quand elle s’apprêta a parler, un expression de douleur se peignit sur son visage, elle regarda Peter, qui la fixait sans comprendre, pendant que ses lèvres se tintaient de rouge.

Le Capitaine retira son crochet d’un coup sec et Roxane s’écroula, prise de tremblements incontrôlables, contre Peter qui la serra contre lui.

Crochet recula, contemplant son petit effet en souriant.

- Qu’est ce que vous avez fait ! Cria Peter en allongeant Roxane sur le dos. Elle respirait a peine et sa chemise de nuit était tachée de sang.

- Eh, eh regarde moi, reste avec moi, tout va bien se passer, tu vas y arriver, Nathan doit avoir appelé une ambulance qui ne va pas tarder ! Mais Roxane blêmissait à vue d’œil, son corps n’était plus qu’une poupée de chiffon sans vie, Peter avait beau lui parler, l’appeler…

La douleur était trop vive, la vue de Roxane se troubla et elle ferma les yeux.

*

Lorsque la tête de Roxane se fit lourde entre les mains de Peter il la déposa délicatement par terre. Puis il se releva rageusement et fonça sur Crochet.

- Vous l’avez tuée !

- T’inquiète gamin, t’en verra d’autres ! Dit calmement le Capitaine en nettoyant son crochet sur les draps du lit de la jeune fille.

Peter poussa un cri et tenta de frapper Crochet au visage.

- J’ai fait ça parce que tu l’aimais Peter, c’est la fille qu’il te fallait, maintenant, elle ne grandira plus jamais ! Il ouvrit grand le bras et eut un rire profond. Peter attrapa un stylo posé sur le bureau et essaya d’attaquer Crochet qui esquiva facilement. Le genou de Peter le ralentissait et les larmes brouillaient sa vue. Le Capitaine balança son crochet aiguisé au visage de Peter qui l’esquiva de peu. La coupure n’était pas profonde mais elle le lançait énormément et Peter s’empressa d’y porter une main. Crochet le poussa du pied contre le cadran du lit et posa la semelle de sa botte sur le torse de Peter. Il lui donna un violent coup de poing qui cassa son nez et lui arracha un gémissement.

- Vas y, tue moi, je ne vois pas comment je pourrais vivre autrement ! Déclara Peter.

- Oui, tu as raison, comment pourrais tu vivre sans elle… Puis une lueur cruelle s’installe dans les yeux du Capitaine Crochet. Il assena à Peter un coup de poing dans la tempe qui l’assomma. Le garçon s’écroula, inconscient.

*

Lorsque Peter se réveilla, tout était calme. La chambre était plongée dans le noir, les nuages avaient recouvert la clarté de la lune et les rues étaient sombres et sinistres. Crochet était visiblement parti, Rob gisait toujours contre la porte, aucun secours n’était arrivé. Le cadran du lit s’était fracturé sous les coups de Crochet, c’est alors avec difficulté que Peter se releva. Son nez le lançait, sa coupure ne saignait plus mais son genou le faisait toujours souffrir. Il chercha alors Roxane mais à part une tache de sang séché étendue personne ne s’y trouvais. C’est alors qu’il s’assit lourdement là où il l’avait tenue dans ses bras. Non seulement Crochet tuait la fille qu’il aimait mais en plus, il l’empêchait de la revoir. Peter shoota dans une peluche restée par terre et s’envola au pays imaginaire, le cœur remplis de chagrin et de douleur.

Il y avait pourtant un dernier espoir, peut être Roxane était-elle toujours en vie, peut être que non… Mais dans les deux cas, il la retrouverait.

Chapitre 7

Clochette était une de ces fées très enjouée tout le temps mais très, très susceptible tout le temps aussi. Là, Clochette était enjouée, elle revenais toujours de l’autre monde avec deux trois objets perdus à apporter à Peter, bien sur, il connaissait ces objets, il avait vécu presque trois ans dans l’autre monde, mais il s’amusait de voir son amie si émerveillée par ces objets sans valeur. Un coup c’était un trombone, un autre, c’était une perle en plastique, mais quelques fois, c’était des éclats de cristal brisé, quelques poussières de feuilles d’or, une petite pierre précieuse, une fois, elle avait même ramené un petit diamant gros comme son pouce, détaché malencontreusement d’un bijou. C’est alors toute fière qu’elle ramenait une bague en argent surmonté de diamants qu’elle avait trouvée échouée dans le sable sur la plage.

C’est difficilement que Clochette volait au ras des arbres, elle n’avait pas renouvelé son stock de poussière de fée en revenant de l’autre monde et était directement partie chercher des objets trouvés. En fait, il ne lui restait plus qu’une mini poignée pour voler jusqu’à Peter, elle ne pouvait pas en déposer sur la bague au risque de tomber en panne.

Ce qu’elle était lourde cette bague ! Bon, aller, une pincée devrait suffire ! Clochette piocha dans son petit sac attaché à sa ceinture de feuilles et saupoudra un peu de poussière sur l’anneau d’argent. Ah ! C’était mieux, et elle était déjà au dessus du lagon aux sirènes, plus que quelques minutes et elle arrivait ! Mais la bague commençait déjà à se alourdir, là Clochette commença à s’énerver ! Un rouge de colère commença à poindre sur ses joues, elle glissa trois pincée de plus sur la bague qui devint légère comme une plume. Voilà, ça c’était mieux ! Clochette se posa à l’intérieur de l’anneau en donnant des petits coups d’ailes pour avancer le plus vite possible. Après une dizaine de minutes, flap, la bague se mit à flotter toute seule dans les airs ! C’était la panne, voilà, à mi-chemin de l’arbre creux, Clochette ne pouvait plus avancer, le mini problème, c’est que elle était à 30 mètres du sol… C’est donc après 5 bonnes minutes de colère intense et d’acharnement sur l’anneau que le dernier grain de poussière quitta le dernier diamant de la bague. Et la bague tomba tout droit. Avec affolement, Clochette chercha son petit sac de poussière, elle versa les deux trois grains restant sur ses ailes et au dernier moment, fit trois battements ! Cela ralentis assez sa chute pour qu’elle ne s’écrase pas par terre, elle s’étala royalement sur une feuille et en dégringola une bonne vingtaine avant d’atterrir sur les fesses dans la forêt. L’anneau vint s’écraser pile poil autour d’elle sans lui effleurer ne serait-ce qu’un cheveu. La elle était chanceuse, pas morte et pas écrasée par la bague. Le côté moins chanceux de la situation, c’est que là, elle était très mal. Plus de poussière, à trois kilomètres de l’arbre et une bague à traîner. Sans compter les serpents et les oiseaux ! Franchement, Clochette n’était pas du tout douée avec les animaux ! Mais alors pas du tout, et si le faucon passait, elle était morte. Sonnée par la chute, elle se releva tout doucement et resta debout sans bouger pendant quelques secondes.

Et puis la colère revint.

- Oooooh ! Et tu pouvait pas tenir plus longtemps toi ! Cria-t-elle à la bague

- Et puis Terrence qui ne met pas assez de poussière ! Et ce vent, pourquoi ce vent s’est levé d’un seul coup ! Évidemment il fallait que ça tombe sur moi ! Clochette devint toute rouge jusqu’aux oreilles, elle donna un violent coup de pied à la bague en poussant un cri mais sautilla sur un pied en jurant.

- Aïe, aïe, aïe, aïe, AÏEUUUH ! Cria-t-elle de toutes se forces.

C’est en continuant de jurer toutes les deux secondes qu’elle n’entendit pas les branches craquer sous les pieds de Roxane qui venait de découvrir la petite fée en colère.

Roxane n’en croyait pas ses yeux, une fée ! Pas plus grande que la paume de sa main. Elle était blonde, ses cheveux étaient rassemblés en un chignon un peu défait comme si elle s’était battue avec quelque chose. Elle portait une robe à manches longues faite entièrement de feuilles vertes, c’est là que Roxane repensa à ses histoires… Ce ne serait pas…

- C’est toi Clochette ? Demanda-t-elle.

La petite fée continuait à carillonner dans tous les sens. Quand enfin elle remarqua Roxane, elle se figea comme une statue de marbre puis elle plissa le yeux en s’approchant d’elle.

- Lizzie ? Dit-elle en écarquillant grand les yeux

- Oh, tu carillonne quand tu parle, c’est comme une petite cloche ! Tu est magnifique on dirait que tes ailes sont faites de dentelles transparente ! S’émerveilla Roxane.

- Lizzie, c’est toi ! Lizzie ! S’exclama Clochette, folle de joie.

- Oh… Je ne comprend pas ce que tu dit…

- Tu est au pays imaginaire ?! Mais comment est-tu revenue je suis si… Quoi ? Tu ne me comprend pas ? Dit Clochette en réalisant qu’elle avait devant elle une inconnue. Elle recula de quelques pas.

  • Si tu n’est pas Lizzie… Mais alors, qui est-tu ?!

*

Roxane parut comprendre la question car elle répondit :

  • Oh, je dois te faire peur je ne me suis même pas présentée ! Je suis Roxane, j’ai été amenée ici par Crochet. Contre mon gré bien sur ! S’enquit-t-elle de préciser sous le regard de Clochette. C’est joli cette bague, elle doit être lourde pour toi, tu et si petite !

Clochette eut finalement une idée. Elle traîna la bague jusqu’à la poche de pantalon de Roxane qui s’était agenouillée. Elle lui fit signe de la glisser dedans puis elle escalada sa manche, humide d’ailleurs, pour se poser sur son épaule. Elle préféra se rendre directement au moulin à poussière pour en remplir son sac. Elle pointa alors un doigt dans la direction de la vallée des fées pour faire comprendre a Roxane de s’y diriger.

- Oh tu veux aller par là mais… tu ne peux pas voler ? Pourquoi ? D’accord, d’accord, pas de questions. Puis elles se dirigèrent vers la vallée des fées.

Quand Roxane arriva à l’arbre des fées, elle fut émerveillée par toute cette beauté. Elle avait traversé de vastes champs de fleures magnifiques, des petites mares et frôlé un monde totalement blanc ou il semblait neiger et faire très froid en permanence. Enfin, elles arrivèrent au centre de toute la vallée. Une cascade de poussière dorée déferlait d’un arbre aux feuilles éclatantes .

- Alors c’est ça la vallée des fées… Murmura Roxane, émue. Clochette hocha la tête d’un air satisfait puis elle tapota le cou de Roxane et lui fit signe de la faire descendre. Elle se dirigea vers un petit moulin qui avait été construit entre les racines de l’arbre et y entra par une porte minuscule. Roxane se baissa pour regarder a travers une des fenêtres, mais l’ouverture était trop étroite et elle cachais toute la lumière c’est donc dans une obscurité presque complète quelle ne vis que quelques pots vides et des boites. Finalement, elle se résigna à attendre que la petite fée ressorte. Elle attendit plusieurs longues minutes, puis elle estima qu’une bonne demi heure était passée, elle s’ennuyait à mourir. Elle finit par se promener, en arrivant avec Clochette elle avait aperçut des centaines de fées minuscules qui se poussaient rapidement sur son passage. Curieuse, elle les chercha pour les voir mais toutes les fées avaient disparues. Déçue, elle se dit qu’elle leur faisait probablement peur et elle retourna au pied du moulin…

*

Pendant ce temps là, Clochette récupéra son sac de poussière de fées et s’en saupoudra les ailes.

  • Clochette, la Reine Clarion veut te voir ! La prévint Terrence.

  • Oh non… Vaut mieux que j’y ailles… murmura Clochette en qui la culpabilité montait en grade. Merci Terrence !

    Puis elle pris un couloir qui menait au château situé dans les branches du grand arbre.

    Quand elle pointa le bout de son nez à travers la porte grande ouverte de la salle de réception, Clochette avait un mauvais pressentiment.

  • Ah Clochette, te voilà  ! Dit la reine en s’avançant.

  • O-Oui, Reine Clarion… Sourit maladroitement Clochette.

  • Pourrais-tu nous expliquer pourquoi tu as apporté un humain dans la vallée des fées, jeune fille ? Demanda sévèrement la fée Marie qui se tenait à côté.

  • J’étais en… rupture de stock ? Tenta Clochette. Puis en vrai moulin a parole, elle essaya de s’expliquer.

  • Je suis tombée sur elle dans la forêt et je pensais que c’était Lizzie, et donc que je la connaissait, sauf qu’en fait non, mais je ne pouvais pas marcher jusqu’à la vallée ça m’aurais pris des jours et les oiseaux ne survolent pas cette partie de la forêt à cause des trolls vous savez alors…

  • Clochette… Clochette ! L’interrompit calmement la reine Clarion. Tu sais bien que c’est interdit et dangereux d’amener une humaine dans la vallée. Elle pourrais détruire nos réserves pour l’automne, ou pire encore, voler de la poussière bleue, est-tu consciente du risque que tu nous fait prendre mon enfant ?

  • Oh… Je vois, je… Je suis désolée. Répondit tout doucement Clochette

  • Je te demande donc de la ramener où tu l’as trouvée.

  • Mais reine Clarion, c’est Crochet qui l’a amenée ici !

  • Alors renvoie la dans le monde des humains, je ne peux pas risquer la sécurité de la vallée, surtout dans ces temps difficiles ! La reine posa une main amicale sur l’épaule de Clochette qui acquiecia en se détournant.

  • Je… Je m’excuse, je vais la ramener chez elle. Quand Clochette arriva à la porte restée entrouverte, la reine l’interpella de nouveau.

  • Prend Clark et Gable avec toi, ils ont besoin d’objets perdus pour l’atelier, ils t’aiderons dans votre voyage et ils font partie de ceux qui ont le moins peur des humains.

  • Oui reine Clarion, au revoir. Salua Clochette en refermant la porte.

Puis elle se dirigea vers le moulin de nouveau et s’adressa a Terrence qui était occupé avec une liste de livraisons.

  • Terrence, j’aurais besoin de toi un moment, l’interpella-t-elle.

  • Oui ? Qu’est ce qu’il y a ? Ça a été avec la reine Clarion ?

  • En fait, je dois faire un voyage dans l’autre monde pour ramener Liz… Euh Roxane, une humaine qui m’a aidée.

  • Ah, je te prépare un sac de voyage alors ! Viens le chercher dans dix minutes !

  • Merci ! Et… Terrence ! Clark et Gable viennent avec moi !

  • Ok je prépare ça ! A tout a l’heure ! Puis il se détourna avec un regard compatissant.

*

Quand Clochette sorti enfin du moulin, Roxane s’ennuyait à regarder une coccinelle qui n’avais aucun points sur ses ailes.

  • Je te ramène chez toi ! Lui lança la petite fée. On va chercher des amis et on pars !

    Bien entendu, Roxane ne compris pas un carillon de ce qu’elle racontais et se contenta de se lever rapidement.

  • Où est-ce qu’on va ? Mais la fée continuais d’avancer sans prendre compte de ses questions.

  • Répond moi ! Aller s’il te plaît !

    Clochette leva les yeux au ciel et se retourna si brusquement que Roxane faillit la percuter. Elle lui lança un regard inquisiteur.

  • Écris moi, je sais pas mime mais fais en sorte que je comprenne ! Je suis complètement perdue là !

    Dit Roxane avec un regard suppliant.

    Clochette haussa les sourcils et changea de direction. En lui faisant signe de la suivre.

    Elles arrivèrent dans la plus petite bibliothèque que Roxane avais vu de toute sa vie. C’était aussi la plus remplie d’ailleurs.

  • S’il vous plaît… S’il vous plaît ! Clama Clochette à un bibliothécaire enfouis sous une tonne de bouquins.

  • Umm… Moui ? S’éleva une petite voix étouffée.

  • On est venues savoir si vous saviez parler l’humain ? Carillonna-t-elle.

  • Moui, m-pourquoi cela ? Répondit-il en levant les yeux. Puis il se figea d’horreur en apercevant Roxane penchée au dessus d’eux.

  • Pour qu’on puisse se comprendre, dit Clochette en montrant Roxane derrière elle.

  • O-o-o-o-oh je vois le soucis, bugua-t-il, sans la quitter des yeux. Puis après un profond moment de bug intense, il se rembrunit et bomba le torse puis il s’exclama le plus fort possible :

  • BON-JOUR MADEU-MOIZELLE JE VAI ZETRE LE INTER-PRETE ENTRE VOU ZÉ CLOCHETTE !

  • Euh… oui, merci beaucoup, s’enquit de répondre Roxane sans rigoler. Il carillonna quelque chose à clochette qui faisais des allers-retours de regard entre Roxane et le bibliothécaire.

  • Woaw, ben si c’est pas de l’échange ça… Toutes les deux se regardèrent bouche bée n’ayant pas besoin de traduction pour se comprend cette fois ci. Elle pensaient exactement la même chose.

*

A l’heure du départ, un pigeon avait été préparé, chargé d’un panier vide et d’une selle minuscule, Clark et Gable étaient en place, les sacs de poussière de fée avaient été remplis précautionneusement par Terrence et Clochette arborais une tenue de voyage chaude. Quand Roxane et la petite fée débarquèrent sur l’aire de décollage, Clark et Gable vinrent les accueillir gaiement.

Ayant fait comprendre à l’interprète qu’il n’avais pas besoin de crier pour se faire comprendre, celui ci entrepris de reporter à Roxane et aux fées la conversation.

  • Bonjour mademoiselle Roxane ! Dit Clark

  • Oui, bonjour, ajouta Gable à sa suite.

  • Bonjour ! Alors vous êtes des fée bricoleuses ? S’émerveilla Roxane.

  • Oui on bricole et on rafistole ! Embraya Gable.

  • Oui mais la nous devons partir pressa Clochette.

    Mais aucun bateau n’avais été préparé pour Roxane, elle s’étonna alors :

  • Comment fait-on pour partir d’ici ?

  • Eh bien en volant ! Comme à l’arrivée ! S’enthousiasma Clark.

  • En volant ! Mais je ne sais pas voler ! S’exclama Roxane, gênée. Puis elle se souvint des histoires de sa mère.

  • Clochette, donne moi une poignée de poussière de fée ! Demanda-t-elle avant même que la fée ne lui explique.

Cette dernière lui montra un sac de la taille d’un pouce que Roxane s’empressa de disperser sur elle. Puis elle ferma les yeux et essaya de penser a de belles choses. Cependant, les fées carillonnaient à ses pieds et la déconcentraient, puis elle repensa a sa journée avec les enfants perdus lors de la compétition de couteaux avec Peter. Elle se senti flotter. Elle ouvrit les yeux et se trouvait à un mètre du sol, puis elle vit Clochette qui affichait un grand sourire pendant que les autres s’activaient autour d’elle.

  • On y va ? Demanda-t-elle, impatiente de s’envoler.

  • On y va ! s’empressa de répondre Clochette, tout sourire.

*

Mouche était le plus exaspérant et le plus incompétent de tous les matelots que le Capitaine n’avait jamais vu. Malgré tout c’était le seul homme a bord du bateau qui lui assurait fidélité et sécurité. C’est pourquoi il ne lui réservait que des supplices minimes.

  • Attachez le, ordonna Crochet a ses matelots.

    Deux hommes empoignèrent Mouche par les deux bras si fermement qu’ils le soulevèrent du sol.

    • Non ! Pas à la poupe s’il vous plaît ! Les courbatures sont horribles a supporter, par pitié lâchez moi !

Sans lui répondre, les deux hommes attachèrent les bras, les jambes et le buste du mousse à la poupe du bateau.

- Vous le libérerez demain à la même heure, personne ne lui parle, personne ne le touche, personne ne le nourrit ou l’abreuve, suis-je bien clair, Matelots !

  • Oui Capitaine ! A vos ordres Capitaine !

C’est alors que Crochet vit une silhouette fine, accompagnée de trois autres minuscules, s’envoler vers la deuxième étoile à droite…

A la nuit tombée, il était prêt.

Chapitre 6

Le jour suivant, Roxane avait ressorti son sourire pour les garçons perdus. Elle faisait comme si il ne s’était rien passé mais Peter savait qu’elle allait mal. Elle avait vraiment été surprise de se retrouver dans son lit le lendemain matin et avait alors demandé discrètement à Peter :

- C’est toi qui m’a ramenée là ?

- Oui, dormir sur une branche ce n’est pas très bon pour la santé ! S’exclama-t-il.

- Merci ! Ria Roxane.

Il lui rendit son sourire en prenant son petit déjeuner avec tous le monde.

- Roxane, demanda-t-il

- Oui ? répondit cette dernière

- J’aimerais que l’on ailles voir les sirènes pour leur demander directement et résoudre le mystère du jour où tu est arrivée, j’aimerais vraiment comprendre ! S’exclama-t-il

- Ouais pas de problèmes, c’est vrai que j’aimerais vraiment les voir ! S’enthousiasma Roxane

- Tout le monde veux les voir ! En même temps, vu les histoires que l’on raconte sur elles dans votre monde, c’est pas étonnant ! Ria Peter.

- Pourquoi, elles ne sont pas comme dans les histoires ? Demanda-t-elle. Puis elle se dit à elle même : « Bien sur que non, qu’elle idée ! »

- En fait, elle te noient lorsque tu va te baigner avec elles ou elles t’entraînent, elles son magiques alors elle peuvent envoûter les marins imprudents, elle sont aussi très jalouses et susceptibles, mais très belles. C’est pas comme la petite sirène ou ce genre de trucs !

- Tu connais la petite sirène toi ? Demanda Roxane, surprise.

- Ben oui, répondis Peter, il faut dire que j’ai passé un peu de temps dans ton monde il y a longtemps !

- Ah bon ? Mais elle n’osa pas insister.

- On y va quand on a fini ? Demanda-t-il

- Ok ! Puis Roxane se dépêcha de terminer son bol de céréales bizarres.

Quelques minutes après, Peter et Roxane atterrirent dans le lagon aux sirènes.

- Où est-ce qu’elles sont toutes ? Demanda Roxane

- Je ne sait pas, je vais les appeler ! Répondit Peter.

Puis il commença à chanter une chanson joyeuse qui semblait évoquer la mort de Crochet et entre autre de le jeter au crocodile, enfin bref, une chanson de ce qu’il y a de plus raffinée. Avec un petit rire, Roxane lui demanda :

- Tu appelles les sirènes avec une chanson traditionnelle ? Enfin, si je peux appeler ça une chanson traditionnelle, ria-t-elle.

- Ben, je ne connais que cette chanson parfaitement et elles finissent par venir au bout d’un moment, dit Peter en riant aussi.

- Un moment ? S’étonna Roxane.

- Quelques heures… Roxane lui lança un regard du genre « mais encore » et il lui répondit, gêné, Deux heures tout au moins…

- Tu ne pense pas qu’elles aimeraient plus une chanson douce ? Affirma-t-elle sur un ton faussement exaspéré mélangé à un petit sourire. Une berceuse par exemple ?

- Ben j’sais pas moi, tu en connais des berceuses toi ?!

- Affirmatif ! Répondit Roxane en se redressant l’air fière.

- Bon bah vas y chante la alors ! Lança Peter, boudeur.

Puis, Roxane commença a interpréter une des berceuses que sa mère lui avait tant chanté quand elle était enfant. Elle se souvenait de chaque parole, de chaque mot tel que sa mère la lui chantait.

Quelques minutes après, une tête blonde apparut à la surface de l’eau.

- Peter ! S’exclama la sirène blonde, puis trois autres sirènes apparurent à la surface de l’eau en s’esclaffant joyeusement posant une tonne de questions à Peter.

Elles étaient très belles et très souriantes, l’une était blonde, celle qui avait parlé la première, une autre était brune, une autre rousse et la quatrième avait des cheveux d’un noir très sombre qui contrastait avec sa peau très pâle et ses lèvres rouge sang. Elles avaient toutes les cheveux très longs qui s’arrêtaient au niveau de leur taille, leur queue miroitait d’une couleur or éclatante pour la brune et la rousse mais celles de la blonde et de celle avec les cheveux noirs était d’un argent clair de lune hypnotisant. Certaines portaient des bijoux pareils à des bracelets au bout de leurs nageoires et des colliers de coquillages autour du cou. Des barrettes de perles retenaient leurs cheveux soyeux qui retombaient en cascades sur leurs poitrines dénudées. Roxane trouva ça un peu déplacé de se montrer comme ça en plein jour mais elle était curieuse de savoir pourquoi elles l’avaient laissé vivre. Puis, Peter réussit à prendre la paroles dans tout leur brouhaha.

- En fait, je viens pour une amie, dit-il en riant, tout de suite les sirènes se turent en arrêtant de sourire. Puis il commença à leur raconter tous ce qu’il s’était passé et finit par leur demander :

- Pourquoi avez-vous épargné Roxane ? Cette dernière écoutait attentivement.

- Ça paraît évident ! Lança la brune dans un soupir en jouant avec une des boucles de Peter du bout de ses doigts.

- Pas pour nous désolé, répondit Peter sans en prendre compte.

- C’est une fille, balança la rousse d’un air dédaigneux.

- Et alors ? S’emporta un peu Roxane en se redressant.

- Eh bien on te t’a pas sentie, soupira celle aux cheveux noirs avant de rajouter sans trop le cacher un « Malheureusement » sans que Peter ne l’entendes. Seule Roxane sentit une pointe de colère se glisser dans sa curiosité. La sirène la fixait intensément sans ciller avec un regard noir. Peter, lui était entrain de bombarder les autres de questions.

- Comment ça, vous sentez les garçons et pas les filles ? S’étonna-t-il naïvement.

- Eh oui, soupira une fois de plus la blonde en donnant un coup de nageoire puissant qui la fit se grandir et se rapprocher un peu trop près de Peter.

- Ah bon, et Crochet ? Continua-t-il.

- Toujours aussi grincheux, répondit-elle, puis les quatre sirènes commencèrent à parler de tout et de rien tout en lançant régulièrement des regards noirs emplis d’éclairs et de jalousie à Roxane qui sentait que sa petite pointe de colère se transformait en un énorme pique. Au bout d’un moment, elle se leva et dit à Peter d’un ton sec :

- Bon, moi je rentre à l’arbre, j’ai entendu ce que je voulais savoir !

- D’accord, ne te perd pas ! Lança Peter avant de retourner à sa discussion.

Évidemment, Roxane n’avait aucune idée de comment se rendre à l’arbre creux mais elle se mis à marcher d’un pas ferme vers la bordure de la jungle. Elle sentis une main mouillée se refermer autour de sa cheville et la tirer vers l’eau. Bientôt, elle fut immergée et essaya de se dégager, sa colère s’était transformée en fureur, car elle savait qui lui avait fait le coup : la blonde, c’est ainsi qu’elle l’appelait, la blonde. Et elle détestait la blonde. Arrivée au fond du lagon, la main la lâcha et elle pu remonter à la surface en essayant tant bien que mal de respirer à grandes goulées d’air. De l’autre côté, Peter et les quatre sirènes étaient écroulée de rire. Folle de rage et de honte, son cœur rata un battement à cette image, elle se mis à pleurer sans pouvoir se contrôler mais les larmes se fondaient dans l’eau qui dégoulinait sur tout son corps. Elle se sortit du lagon et se mis à courir jusque dans la forêt le plus vite possible.


Sur la plage du lagon, Peter se senti mal de l’avoir vexée.

Quelques minutes plus tard, un cri le tira de sa conversation sans fin avec les sirènes. C’était Roxane.

*

Roxane était trempée mais continuait de courir droit devant elle, dans la direction qu’elle avait prise avec Peter quand ils volaient vers le lagon. Au bout de quelques minutes elle était trop essoufflée pour continuer et s’arrêta pour reprendre son souffle. Entre deux inspirations, elle poussait des cris de rage accompagnés de quelques sanglots. Quand elle put enfin respirer convenablement, elle poussa un cris de colère, d’humiliation, de tristesse, qui retentis dans toute l’île. Sans le savoir, elle était à à peine quelques mètres de l’arbre creux quand elle s’effondra sur un rocher pour pleurer toutes les larmes de son corps. Ces larmes n’étaient que des larmes de colère, de rage, de honte d’avoir été humiliée ainsi, Roxane avait envie de tout casser autour d’elle. Dans un élan d’adrénaline, elle se mit à arracher les lianes qui pendaient aux arbres autour d’elle, quand elle arriva à un liane plus solide de que les autres. Elle tira dessus de toute ses forces en criant, elle se déchaîna tellement qu’au bout de cinq bonnes minutes, la liane céda et Roxane valsa royalement sur le tapis de feuilles de la forêt où elle s’étala de tout son long. Sonnée, elle s’assit en se ramenant à sa position préférée, poitrine-genoux. . Là, elle était mal, en tombant elle s’était cognée le tibia, le truc qui fait vraiment mal ! Elle se sentait fatiguée et ses larmes s’arrêtèrent d’elles même d’avoir trop couler. Elle reniflait, les yeux humides quand elle entendis des petit pas faire craquer les feuilles mortes se dirigeant jusqu’à elle. Puis une voix marmonna des paroles inintelligibles où Roxane put distinguer quelques mots : « …perdu…Capitaine…disputer…corvées…qu’elle idée !…retrouver…bateau… » et enfin, un petit homme rondouillet avec une barbe courte et très blanche débarqua devant Roxane, effarée. Dès qu’il la vit, il recula de deux pas puis marmonna cette fois plus clairement : «  C’est la fille, j’ai trouvé la fille, il faut le dire au Capitaine… » C’est alors que Roxane fit l’erreur de jeter un regard du coin de l’œil vers l’arbre creux qu’elle avait repéré quelques temps plus tôt. Mouche suivit son regard et marmonna encore une fois « Serai-ce l’arbre ? La fille et l’arbre, il faut le dire au Capitaine ! » Puis il détala. Prise de panique, Roxane se lança sans réfléchir à sa poursuite. Ils traversèrent la moitié de l’île jusqu’au moment où Roxane parvint e l’interpeller.

- S’il vous plaît ! Non, ne prévenez pas votre Capitaine ! Monsieur !… Je vous en supplie ! Lui cria-t-elle en courant quelques mètres derrière lui. Le matelot s’arrêta embarrassé.

- Désolé mademoiselle, je dois le dire au Capitaine, pour qu’il attrape Peter Pan ! Puis il se couvrit la bouche de sa main en faisant les gros yeux. Il venait de lâcher un truc qui n’aurait pas du être lâché ».

- Non, s’il vous plaît, je vous en supplie, Mouche, c’est ça ? Si vous le dites a votre capitaine, je ne reverrais jamais ma famille dit- Roxane avec des yeux désespérés et encore rougis.

- Vous… Vous connaissez mon nom… Dit Mouche étonné, il regarda Roxane, puis vers la mer qu’on apercevait déjà au loin, puis il lui pris une main en lui jura :

- D’accord, je ne lui dirais rien mais ne dites pas à Peter Pan que vous m’avez vu s’il vous plaît, je me suis perdu, je vous ai entendu et ça m’a dirigé vers vous c’était une erreur, au revoir mademoiselle !

Roxane, plus que soulagée en laissa partir Mouche sans un mot. Elle se retourna et l’entendis bientôt marmonner : « Oh la la ! Ou est le bateau déjà, par là, euh non, vers la mer, c’est évident ! »

En cherchant son chemin, elle se rendit compte qu’elle s’était elle même perdu suite à cette course poursuite et ne savait pas que Peter la cherchait depuis vingt bonnes minutes.

*

- Roxane ! Appela Peter pour la centième fois. Il était épuisé, il avait déjà vérifié l’arbre creux mais elle ne s’y trouvait pas, il continuait de chercher, encore et encore, il finit par se poser près de l’arbre des fées et demanda à l’une d’entre elles si Clochette était rentrée.

- Oui, elle viens d’arriver, mais elle est repartie tout de suite après, quelque chose à attiré son attention ! Mais tu connais Clochette, toujours à partir sans donner de nouvelles avant quelques heures ! C’est une bricoleuse, elle à dû trouver des objets perdus ! Lui répondis la fée.

- Oui, c’est sûrement ça, puis il la remercia et se remit à chercher Roxane.

*

Mouche aperçut le Jolly Roger et se mit à courir dans sa direction. Le Capitaine allait être furieux quand il lui dira s’être perdu sans avoir pu trouver l’arbre, Peter Pan ou la fille. Enfin, pas exactement, il avait trouvé l’arbre ET la fille par gentillesse pour elle, il allait cacher ce qu’il savait à Crochet. En fait, Mouche était un gentil pirate, c’est ce qu’il se disait de lui, oui, un gentil pirate ! On l’appelais Mouche parce qu’il était incapable de faire mal, justement, à une mouche. Le capitaine Crochet le prenait pour son larbin, il l’envoyait faire le sale boulot et lui criait dessus sans cesse. C’est pourquoi Mouche craignait le Capitaine, c’est pourquoi il ressentait parfois une pointe de colère envers lui. Et c’est parce qu’il lui en voulait qu’il avais accepter de garder le secret de l’arbre et de la fille. C’était chaque fois la même obsession pour le Capitaine : tuer Peter Pan, le blesser. Cela faisait maintenant une éternité que le bateau faisait le tour de l’île dans la mesure de trouver la cachette de Pan, que le Capitaine envoyait chaque semaines une barque sillonner la rivière qui s’introduisait à l’intérieur de l’île, qu’il désignait toutes les deux semaines dix hommes pour ratisser l’île de fond en comble.

Quand Mouche arriva à la barque amarrée sur la plage, il grimpa dedans et rama jusqu’au trois mats. Il remonta difficilement sur le pont mais quand il s’approcha du premier matelot, celui-ci le regarda d’un œil noir . Dans tous l’équipage, personne n’aimait Mouche mais lui seul avait accès à la cabine du capitaine.

Ce dernier aimait s’enfermer dedans pour s’attarder sur des cartes, qu’il avait mille fois étudié, d’une île qu’il avait mille fois fouillé. Mouche entra dans la cabine maladroitement, le capitaine était dans son fauteuil, les yeux fermés, les jambes allongées, la main et le crochet sur les accoudoirs, il semblait dormir. Mouche pensa alors à la réaction du capitaine s’il le réveillait, il se retourna donc vers la porte le plus discrètement possible saisi d’un frisson d’effroi. Mouche était petit, enrobé et maladroit, c’est donc par pure maladresse qu’il bouscula un chandelier doré qui se fracassa par terre en entraînant dans sa chute une commode légère où une carafe d’eau vide en argent reposait docilement. Le vacarme fit sursauter Mouche mais Crochet ne bougea pas d’un poil. Tout le bruit de métal contre le sol s’était tut mais la carafe se mit à rouler vers le fauteuil du capitaine à cause du balancement du bateau. La carafe roula, roula et à chaque fois que son encoche touchait le sol, elle produisait un bruit métallique. Clap, clap, clap, clap… Puis elle arrêta sa sinistre course sous la botte du Capitaine Crochet. Mouche avait des sueurs froides, il tremblait comme une feuille, plus vite qu’un battement d’ailes de fée ! Il regretta bientôt son entrée dans la cabine et presque d’être venu au monde.

- Que viens tu me dire de si intéressant pour me réveiller dans un boucan pareil ? Demanda Crochet.

- J…Je s…suis v…venu vous f…faire mon rap… rapport, bégaya Mouche, plus tremblant encore.

- Je t’écoute, répondit Crochet d’un ton meurtrière ment calme.

- Pas de traces de l’arbre ou de la fille, absolument pas, dit-il, chevrotant.

- Et pourquoi n’est tu pas rentré avec le reste du groupe ?

- Je… Je me suis… Perdu… Avoua-t-il en baissant la tête, prêt à recevoir une correction exemplaire.

Crochet ne prononça pas un mot. Mouche sentait le stress monter en grade, une goutte de sueur perla sur sa tempe. Le capitaine se leva lentement de son fauteuil et tourna autour de Mouche d’un pas lourd.

Chapitre 5

Roxane et Peter étaient tous deux installés dans la salle commune, face à face. Peter réfléchissait sur une carte de l’île, parfois, des enfants perdus passaient, par-ci par là mais c’est tout ce qui entravait l’ennui total que Roxane éprouvait en ce moment. Elle était couchée sur la table et sa tête reposait sur ses deux avant-bras croisés. Elle soupira et se leva pour aller s’asseoir à ses côtés.

- Qu’est ce que tu fais ? Lui demanda-t-elle en contemplant une fois de plus son cristal. Elle porta alors son regard sur la carte un peu usée. On aurait dit une des vielles cartes de « Pirate des caraïbes » mais elle représentait le pays imaginaire. A chaque endroits important, comme par exemple l’endroit où Crochet amarrait son navire, il y avait un dessin représentant cet endroit. Ici, il y avait le Jolly Roger.

- J’étudie la carte du pays imaginaire, là, c’est la dernière cachette pour le trésor de la chasse au trésor, là, c’est le camp indien, là, l’arbre creux, évidemment non représenté, tu imagine bien que si Crochet tombais sur cette carte, il nous trouverais et nous écorcherais vifs. Là, le lagon aux sirènes enfin bref, je cherche une solution qui ne viens jamais ! S’exclama-t-il.

- Bon tu sais quoi, on va se changer un peu les idées, tu trouveras quand tu n’y prêtera plus attention ! Pourquoi ne pas aller s’amuser ? Les garçons perdus ne demandent que ça et ça me fera une occasion de mieux les connaître ! Dit Roxane en repliant la carte.

- Tu as raison, dit Peter en se levant, ça te dit d’aller tirer ? Tu nous montrera comment tu fais !

- Euuh… Oui si tu veux, allons-y, puis Peter la guida jusque dehors, dans une clairière au beau milieu de le forêt, à croire que les galeries de l’arbre creux s’étendaient sous toute l’île !

- Voila on a des cibles, il y en a aussi dans les arbres pour augmenter la difficulté, tu n’a qu’à choisir ton arc et tes flèches, en même temps qu’il parlait, il tirait un arc en bois blanc d’un carquois qu’il attacha sur son coté droit, il en sorti une flèche et pointa une des cibles en bois alignées à une vingtaine de mètres de lui. Il décrocha sa flèche et elle atterri a quelques centimètres du milieu marqué par un point de peinture rouge.

- Tu devrais redresser ton dos et relever plus ton coude si tu veut atteindre le milieu, dit Roxane en relevant le coude de Peter, vas y, réessaye !

Peter ré-encocha une flèche d’un air gêné, et se remit droit. Roxane replaça son coude qui avait encore baissé.

- Garde la tête droite, dit-elle en replaçant sa tête de son index, maintenant, vise et tire !

Peter décrocha la flèche qu’il avait maintenue jusqu’ici et elle atterris cette fois en plein centre de la cible. Il se retourna sans trop la regarder dans les yeux comme il avait l’habitude de faire et baissa son arc.

- Ou est ce que tu as appris tout ça ? demanda Peter accompagné de son petit sourire en coin.

- J’ai pris des cours , disons que je fait des tournois, répondit Roxane fière d’elle.

- Tu a besoin de savoir tirer dans ton monde ? Il y a des bêtes sauvages ? Je n’en ai pas vu pourtant ! Dit-il en fronçant les sourcils.

- Mais non ! s’exclama-t-elle en riant, c’est un sport chez nous !

- Un sport ?! Mais ça sert à rien ! S’indigna Peter.

- Oui mais c’est comme ça, répondit-elle avec son petit rire discret

Peter opina de la tête en haussant les sourcils, approuvant vaguement les propos de Roxane.

- Tu peux essayer si tu veux ! Lui dit-il en lui tendant son arc et ses flèches.

- Ok, on va voir qui est le plus fort de nous deux ! Proposa-t-elle avec un air de défi.

Peter lui sourit et lui laissa le champ libre en reculant. Elle pris une flèche du carquois et visa une des cibles à coter de celle de Peter.

- Pas mal, dit celui-ci, peux mieux faire ! Sur ce, Roxane visa les trois cibles alignées restantes et les atteignit en plein dans le mille, entre temps, les garçons perdus débarquèrent dans la clairière et observèrent attentivement. Il ne restait plus de cible alors Roxane visa les celles des arbres, certaines étaient même cachées par des branches. Toutes les cibles, à l’exception d’une furent touchées en plein milieu, ce n’est que quand Roxane manqua de flèches qu’elle s’arrêta de tirer. En se retournant vers Peter, tout sourire, elle remarqua tous les garçons perdus réunis, impressionnés. Puis Peter s’avança vers elle et lui dit sur le même ton défi qu’elle avait employé auparavant :

- Peut être qu’au tir à l’arc t’est une pro mais on va voir comment tu te débrouille au lancé de couteau ! Sur ce, il sorti son poignard qu’il ne quittait jamais, visa une cible qui contenait déjà une flèche en son milieu, et lança le couteau qui fendit la flèche dans tout son long.

- Ok, on va voir, sourit Roxane, puis elle se tourna vers un des garçons perdu et lui demanda gentiment :

- Tu peux me prêter ton couteau deux minutes, que je montre à Peter qu’une fille peut être meilleure que lui !

Au début, le garçon ne réagit pas et se contentais de sourire à Roxane puis elle repris une deuxième fois :

- Comment tu t’appelles ? Murmura-t-elle en s’accroupissant devant lui.

Pipo, répondit le garçon en rougissant comme une pivoine et en lui tendant son couteau.

- Merci Pipo ! Dit Roxane en se retournant pour viser une cible. Elle n’avait jamais lancé au couteau mais elle avait bien regardé comment Peter s’y était pris et l’imita en prenant le couteau par la lame. Ça ne devait pas être plus compliqué que le tir à l’arc, il suffisait de viser et de lancer. Elle pris deux secondes de réflexion avant de lancer. La lame se planta à trois centimètres de celle de Peter, pas terrible pour un premier tir mais au moins elle avait touché la cible !

- Très bien, faisons un deal, tu m’apprends à mieux lancer au couteau et je t’apprends à mieux tirer à l’arc ! S’exclama-t-elle en lui tendant une main.

- Ok marché conclut ! Répondit Peter, victorieux en la lui serrant.

Roxane et Peter rigolèrent ensembles de concert avec les garçons perdus, Peter vola récupérer son poignard et rendit son couteau à Pipo qui, tout joyeux se vantait auprès des autres de son importance dans ce qu’il venait de se passer. Puis le plus petit des garçons perdus, haut comme trois pommes, vînt tirer un pan du pantalon de Roxane pendant que les autres se bagarraient à moitié à coter.

- Roxane, dit-il d’une toute petite voix, on peut jouer à un jeu ? Et tout les autres s’arrêtèrent pour sautiller dans tous les sens en criant « Oh oui un jeu ! », « Trappe-trappe ! », « Non, la chasse au trésor ! », « Mais non, on joue aux indiens ! ».

- Et pourquoi pas un cache-cache ! S’exclama Peter avec un grand sourire enfantin, qui veut faire le loup ? Demanda-t-il à l’assemblée des enfants perdus. Soudain, des « Moi » fusèrent par dizaines et il fut décidé que Pipo ferait le loup.

Pendant qu ’il comptait jusqu’à cent, tous le monde alla se cacher aux alentours de la clairière. La seule règle était de ne pas aller au delà de la rivière jusqu’à l’arbre creux. En une fraction de seconde, tous le monde alla se cacher à différents endroits, plus discrets les uns que les autres.

Roxane, elle ne connaissait pas bien la forêt et avait un peu de mal à s’y trouver une cachette. Elle tenta plusieurs fois de monter dans un arbre mais elle n’était pas vraiment douée pour grimper, finalement, elle arriva sur les rives de la rivière, elle était arrivée à la limite du périmètre imposé et dû faire demi tour. Finalement, elle trouva un arbre, pas loin, au tronc déformé où elle pouvait facilement s’enfoncer sans être vue. Elle attendit une minute, deux minutes, puis entendit bientôt des voix provenant de la rivière. Elles étaient graves et profondes, une voix en particulier était plus aiguë, elle avait l’air plus aimable que les autres, mais Roxane ne connaissait pas ces voix. Elle décida donc de sortir un peu de sa cachette pour regarder vers la provenance de ces voix curieuses. Ce n’est que quand elle vit la barque accostée à la rive de la rivière que son sang se glaça. Un homme en particulier attira son attention. C’était Crochet, tel qu’elle l’avait aperçut le jour où il l’avait enlevée, tel qu’elle l’avait aperçut lorsqu’il était dans la pièce voisine de la sienne sur le Jolly Roger. Soudain, il interrompit la discussion des pirates qui l’accompagnaient par un bref :

- Chut ! Taisez vous !

- Qui y a-t-il mon capitaine demanda l’homme à la voix aiguë, mais cette fois elle était chevrotante.

- Je sent qu’il est là… Je sent qu’Elle est là, tout près. Susurra Crochet d’une voix grinçante.

Mais ce n’est qu’a ce moment là que Roxane compris que Crochet parlait d’elle.

Tout à coup, une main se referma sur sa bouche, les souvenir déferlèrent dans sa mémoire, Crochet qui l’enlevait dans sa chambre, elle se mis a s’affoler, à se débattre. Elle fut tirée vers le haut et se retrouva bientôt au sommet de l’arbre dans lequel elle avait trouvé refuge. Elle sentit la main qui l’avait transportée en haut lui enserrer la taille puis elle s’aperçut un peu tard que c’était Peter qui lui maintenait la bouche fermée. Roxane était effrayée mais soulagée que ce soit lui qui l’ai trouvée, la partie de cache-cache était finie. Peter enleva sa main maintenant Roxane sous silence et posa un index sur la bouche en mimant un « Chut » bien distinctif. Roxane hocha la tête et regarda la scène qui se déroulait en bas.

- Capitaine, comment pouvez vous savoir qu’il est tout près alors que nous n’avons même pas commencé à chercher ? Demanda le petit pirate avec sa voix tremblante.

- Mouche ! Cela va faire maintenant plusieurs années que je combat ce Peter Pan alors quand il est tout près je pense pouvoir le sentir venir !

- Oui mon capitaine, désolé mon capitaine, s’exclama le dénommé Mouche.

- Trouvez la fille ! Mais surtout, ramenez la moi vivante ! Déclama Crochet avec un sourire sadique que ses yeux reflétaient par une pure folie.

Peter resserra son étreinte autour de la taille de Roxane qui était agrippé à lui comme si sa vie en dépendait. Son regard semblait vide mais au fond d’elle même, elle était effrayée, enfin ce n’est pas le mot, elle était littéralement terrifiée.

Pendant que ses hommes s’éparpillaient à la recherche de Roxane et Peter, Crochet s’avança au pied de l’arbre, jeta un regard autour de lui puis se dirigea vers le tronc mi creux où d’un coup il passa son crochet d’argent. Il n’en ressorti que quelques feuilles mortes qu’il arracha rageusement. Il écrasa les feuilles dans sa main avec un rictus de colère et les réduisit en une poussière brune qui s’envola dans coup de vent.

*

Peter et Roxane restèrent silencieux pendant de longues minutes avant de pouvoir se parler discrètement.

- Ça va ? Chuchota Peter à Roxane qui était encore sous le choc. Elle hocha d’abord la tête d’un bref mouvement avant de remarquer, inquiète :

- Les garçons !

- Je les ai prévenus avant même que Crochet n’accoste sur la rive, ils sont tous rentrés puis j’ai commencé a te chercher mais il faut dire que tu était bien cachée, si tu n’était pas sortie pour jeter un œil je ne t’aurais pas remarquée. Ne t’inquiète pas pour Crochet, nous trouverons une solution ! Affirma-t-il. Roxane hocha une fois de plus la tête avant de demander :

- Tu crois qu’ils sont partis ? En regardant le jour décliner.

- Oui, rentrons, allons nous reposer. Acquiesça Peter avant de reprendre Roxane par la taille pour s’envoler vers l’arbre creux où il la reconduit à la chambre.

- C’est ta chambre ? Demanda Roxane une fois à l’intérieur.

- Oui mais c’est la seule disponible, répondis Peter, toutes les autres sont prises par les garçons.

- Elle n’est pas disponible vu que tu y dors, constata-t-elle, un peu gênée.

- Mais je te la prête, le temps que Clochette reviennes.

- Et si elle ne reviens que dans trois jours, ou une semaine ? Tu ne vas pas dormir dans le fauteuil si longtemps ! S’indigna Roxane.

- Mais non, ne t’inquiète pas ! Lui assura Peter.

- Non, pas question, je vais bien trouver un coin assez douillet pour pouvoir dormir, dit-elle en quittant la pièce sans que Peter ne puisses en placer une. Sans hésiter, il la suivit.

- Roxane, tenta-t-il encore, mais elle continua de se diriger vers le dortoir des garçons perdus.

- Bon, c’est d’accord, si tu insiste, finit-il par lancer, vaincu. Elle se retourna et lui sourit.

- Tu ne saurais pas ou je pourrais trouver des coussins par hasard, demanda-t-elle en riant.

- Allons voir les garçons, ils saurons nous en prêter quelques uns ! Répondit Peter en lui souriant en retour.

Ils gravirent les galeries jusqu’au dortoir et réquisitionnèrent une dizaine d’oreillers disponibles, même Tootles, le petit dernier, vint donner son unique oreiller à Roxane qui le lui refusa gentiment.

- Tu ne peut pas me le donner, comment vas-tu dormir autrement ? Dit-elle en le lui rendant.

- Avec toi, dit le petit garçon d’une voix ensommeillée en prenant sa main. Roxane éclata de rire avant de lancer un « D’accord » en le prenant dans se bras.

En tendant l’oreille, Peter surpris un échange entre deux garçons perdus :

- Pff le veinard, dit l’un, c’est toujours parce que c’est le plus petit qu’il s’attire la chance.

- Et dans ce cas là, la chance s’appelle Roxane, ria l’autre.

Peter, Roxane et Tootles revinrent dans la chambre de Peter avec tous les coussins.

- Il ne reste plus qu’a me trouver un coin ou un espace pour dormir ! S’exclama Roxane en posant Tootles.

- J’ai une idée ! lança Peter en se dirigeant vers le mur à droite de son lit. C’est une paillasse que j’utilisais avant pour dormir quand je ne m’était pas encore construit de lit ! Dit-il en désignant un creux dans le mur assez grand pour contenir un adulte. Tu peux l’utiliser si tu veux !

- C’est parfait ! Répondit-elle en déposant tous les coussins de façon à créer un matelas confortable. Tootles essaya de grimper dessus mais il était trop petit alors Roxane le porta pour le hisser sur les coussins avant de s’asseoir à son tour.

- Je n’ai pas besoin de couvertures, il fait assez chaud pour que je ne frissonne pas, rassura-t-elle Peter qui allait prendre la parole.

- Ok, bon euh… Tu n’as besoin de rien ? Demanda-t-il ?

- Non, c’est bon ! Répondis Roxane.

- O-ok, alors je vais euh… aller coucher les garçons et je reviendrais après mais tu sera sûrement déjà entrain de t’endormir, euh… je vais éteindre la bougie et je ne ferais pas de bruit en revenant, c’est promis ! Bonne nuit ! S’exclama-t-il un peu gêné avant de s’envoler coucher les garçons en soufflant la bougie.

- Bonne nuit, le salua Roxane.

Quand elle se retourna, Tootles était déjà endormi profondément sur un des oreillers où il était roulé en boule. Elle s’allongea à ses cotés et ferma les yeux en repensant à la journée qu’elle venait de passer. Il y avait des bons et des mauvais cotés, les bons faisait partie de son après midi à jouer avec Peter et les garçons perdus, les mauvais réunissaient sa matinée avec son ami le troll et sa soirée en compagnie du terrible Capitaine Crochet. Pour une deuxième journée au pays imaginaire, c’en était une bien remplie ! C’est alors qu’elle s’aperçut que Peter était revenu dans la chambre. Ses pensées voguèrent vers lui, il était toujours joyeux, parfois inquiet mais il se comportait comme un enfant par moments, et comme une adolescent par d’autres. Il était totalement différent que ce qu’elle avait imaginé. Tous le monde dans lequel elle était était différent de ce qu’elle avait imaginé. Les pirates étaient plus effrayants que dans les histoires, les indiens étaient plus menaçants que dans les histoires, Peter était plus adulte que dans les histoires. Elle réalisa qu’elle n’était pas dans une histoire et que la réalité était bien plus dure que ce qu’on en racontais.

*

Peter s’était glissé sous la couette. Il n’avait pas sommeil et réfléchissait à ce qui était entrain de lui arriver. Il trouvait perturbant le fait que Roxane soit arrivée sur l’île sans qu’il ne le sache. Il s’était pourtant juré de ne plus jamais avoir de contact avec l’autre monde. La dernière fois qu’il y était allé, il y était resté près de trois ans avant que Clochette ne vienne le trouver pour lui exposer le problème des trolls, c’est alors qu’il se rendit compte qu’ils ne pouvaient pas être tués ( chose qui avait été contredite le matin même ) et décida de rester. Avec étonnement, il se surpris à apprécier Roxane et à lui faire découvrir son monde. En fait, c’est elle qui le surprenait ! D’abord par son arrivée mais plus encore par sa survie. Il ne comprenait toujours pas le fait qu’elle ne se soit pas fait noyer par les sirènes, c’était très étrange. Après, il y avait son don pour le tir à l’arc. Ça, c’était trop fort ! Roxane était incroyable, mais très intrigante. Elle avait une personnalité très fixe mais dès que c’était à propos d’un arc, elle changeais et devenais très sérieuse, elle lui avais presque fait peur lorsqu’elle avait tué le troll ce matin. Tant de rapidité et de précision, elle en était presque tranchante, oui c’est ça, tranchante ! Dangereuse en fait. Mais Peter voyais bien qu’elle était au fond très sensible, presque fragile. Il voyais bien qu’elle était terrifiée lorsque Crochet avait exprimé tout haut son souhait de vouloir la capturer vivante. Il était même surpris qu’elle cache si bien cette terreur derrière un sourire pour les garçons perdus. Il ferma les yeux, et commença à somnoler après cette réflexion. C’est alors qu’il entendis Roxane se lever.

*

Roxane n’arrivait pas à dormir. Elle n’arrêtait pas de se retourner dans tous les sens. Elle entendait la respiration de Peter s’élever doucement dans la chambre et supposa qu’il s’était endormi. Elle se leva doucement, le plus discrètement possible pour atteindre le couloir qui menait aux autres galeries. Elle avait besoin de prendre l’air, de réfléchir mais elle avait surtout besoin d’être seule. Elle se dirigea vers l’arbre creux où deux garçons perdus dormaient à point fermé. Elle profita de cette inattention de leur part pour grimper, bien que difficilement jusqu’à une grosses branche très large exposée au clair de lune. Elle s’adossa contre la branche principale sans remarquer qu’une ombre silencieuse l’avait suivie. D’ici, on pouvais contempler toute l’île et entrevoir l’ombre du Jolly Roger. Roxane repensa à ce que Crochet lui avais fait, elle avait peur de lui et qu’il lui fasses du mal. Pour l’instant, il n’avait pas eu le temps de la blesser et elle avait peur qu’il ne mettes son plan, quel qu’il soit, à exécution. Son père lui manquais, son frère lui manquais mais par dessus tout, le trou béant que laissait sa mère dans son cœur se remettais à saigner. Elle repensait à sa mère, souriante, qui lui racontais des histoires dont elle ne se lassait jamais. Maintenant elle l’avait perdue et elle ne la reverrais plus, son père était fou de chagrin et avait sombré dans une dépression des plus profondes. Son frère n’avait alors que onze ans et vivait très mal sa disparition. Depuis, il refusait de sourire à la maison ou de tenir un conversation complète. Il se renfermais le plus possible et n’était plus que l’ombre de lui même. Seule Roxane avait su cacher son chagrin sous un sourire assez convaincant pour tenir la tête de son père et de son frère hors de l’eau. En repensant à eux, Roxane se mit à pleurer, le regard vide, sans un bruit, pendant près de dix minutes, elle garda la tête posée sur ses genoux recroquevillés contre sa poitrine. De l’autre côté de la branche, également adossé à la branche, Peter l’écoutait sans oser intervenir. Il contemplais l’autre côté de l’île où on pouvait voir le camp indien illuminé par des feux. Après un bon quart d’heure, ils s’éteignirent et Peter remarqua que tout était silencieux. Roxane de pleurais plus, il n’entendait même plus sa respiration. Il commença à s’inquiéter et s’envola la voir. A son grand soulagement, Roxane était bien là, debout à l’extrémité de la branche.

  • Il m’aurait tuée. Dit elle, le regard vide. Sa voix avait flanché.

  • Sans doute. Mais tu est encore là malgré tout, répondit Peter doucement en se rapprochant d’elle.

  • C’est grâce à toi que je suis en vie, merci. Elle tourna la tête vers lui, qui volait à quelques centimètres au dessus de la branche, pour le regarder.

  • Tu vas vraiment partir ? Demanda le garçon en détournant les yeux, bougonnant.

  • Il le faut, mon frère va être anéanti. Dit Roxane en reportant son regard vers la lune. Elle chuchotais presque, une larme unique coula sur sa joue.

Peter se surpris à la regarder et admirer cette larme, puis la finesse de ses mains croisées devant elle, la longueur de ses cils, la couleur des ses lèvres, la lumière de la lune qui éclaircissait ses cheveux.

Il ne dit rien, il l’attira simplement vers lui en l’éloignant du vide, Roxane posa sa tête contre l’épaule de Peter et ils restèrent ainsi sans un mot.

Lorsque Peter la pris dans ses bras pour ensuite l’inviter à s’asseoir contre le tronc , il lui raconta ses aventures les plus passionnantes et Roxane buvait ses paroles en souriant légèrement à chaque histoire drôle. Il finit par se taire et Roxane posa sa tête contre son épaule sans rien dire.

*

Roxane dormait si profondément que sa respiration était inaudible, même de près, Peter avait du mal à l’entendre. Il se prépara à la porter pour la ramener dans son lit mais hésita avant de s’approcher tout près pour s’arrêter à son oreille.

- Je comprend que c’est dur d’être loin de ta famille, en te ramenant chez toi, tu sera protégée de Crochet. Je te promets de te ramener… je te le promets. Lui chuchota-t-il à contre cœur.

Puis il la pris dans ses bras pour la ramener sur son matelas de coussins. Roxane lui paraissait étrangement légère ainsi endormie. Son visage n’exprimait aucune expression mais il dégageait de ses paupières fermées une sérénité fragile, frêle. Il la déposa doucement et l’allongea confortablement puis il alla se glisser dans son lit, regarda Roxane endormie quelques secondes et se demanda pourquoi il faisait tout ça pour elle. Peut être qu’elle lui rappelait Moira après tout. Puis il ferma les yeux.

Hii ! Sorry guys I’m in holidays for some weeks soo, sorry if my tumblr is inactive !
Good holidays to you and… See you soon with first episode of my fanfic in English and next one in French ;)
Love you all ♥♥

I can’t fly. I can’t, I can’t…

How do you know? Have you ever tried?