Fanfics ♥
Never grow up
Flowers Tumblr Themes

Stars couldn't shine without darkness

Hii ! Sorry guys I’m in holidays for some weeks soo, sorry if my tumblr is inactive !
Good holidays to you and… See you soon with first episode of my fanfic in English and next one in French ;)
Love you all ♥♥

I can’t fly. I can’t, I can’t…

How do you know? Have you ever tried?


"Who are you?"

"Who are you?"

Le lendemain, Roxane se réveilla tôt. Ses poignets étaient moins rouges, sa coupure à la gorge était presque cicatrisée, elle s’en étonna, d’ailleurs. Elle se sentais sereine, bien qu’un peu serrée dans son corset trop étroit. Elle entrouvrit les yeux et, en se relevant, aperçut Peter, affalé dans un fauteuil en face du lit dans lequel elle avait dormi toute la nuit. Tout à coup, elle s’empourpra en réalisant qu’il avait dormi là. Peut être même qu’elle lui avait piqué son lit ! Et si elle lui avait piqué son lit… Mais alors c’était… SON lit ! Elle se mit à se parler à elle même : « Non, non, non, non, non, ne pense pas à ça. Oh mon dieu c’est son lit mais… mais qu’est ce que je fais là moi ?! C’est pas possible, j’ai rêvé ! C’est vraiment Peter Pan ?! En face de moi ?! Entrain de… Dormir ? » Roxane pencha lentement la tête sur le coté et observa Peter avec un petit sourire. Ses cheveux bouclés étaient en bataille, ses yeux étaient doucement fermés et sa poitrine se soulevait paisiblement au rythme de sa respiration lente. Elle se leva sans un bruit et entrepris de visiter les galeries de la maison dans l’arbre creux. Elle y trouva une salle commune ou une grande table imposante était installée en plein milieu, les plafonds étaient bas, les sols, en terre, les murs, en bois. Sachant qu’elle était sous terre, elle chercha instinctivement à remonter à la surface pour explorer les environs. Elle finit par trouver une échelle remontant à l’intérieur d’un arbre creux, un endroit idéal pour voir sans être vu. Elle y trouva perchés deux garçons perdus, à moitié entrain de s’endormir.

- Bonjour, dit Roxane d’un ton hésitant.

- Super… marmonna un des garçons.

- … la relève, bougonna l’autre.

Puis les deux descendirent de l’arbre si vite que Roxane ne put placer aucun mot.

« Après tout, pourquoi pas, se dit-elle, il ont l’air fatigués, j’ai juste à faire le guet jusqu’à ce que la vrai relève arrive » Elle s’installa sur le petit banc aménagé dans un creux et observa le tronc. Il y avait une flûte de Pan, un sifflet oiseau, sûrement pour sonner l’alarme, une boite contenant un peu de nourriture que Roxane ne connaissait pas. A part ces quelques objets, elle fut étonnée de trouver un arc et un carquois de douze flèches. Dans les histoires que sa mère lui racontais, Peter Pan et les enfants perdus n’étaient que des enfants occupés à s’amuser et à se moquer d’un Capitaine Crochet pas très doué, c’est donc avec précautions qu’elle entreprit de guetter les alentours. L’arbre creux était en fait un arbre de ce qu’il y avait de plus banal. Il était en parfait santé, exception faite que son tronc se finissait par un trou béant vu de haut. Par contre, vu d’en bas, il était invisible. Le guet se faisait par un trou couvert par des lianes de lierre, il donnait vue sur tout le devant de l’arbre, un autre trou de l’autre côté, recouvert de la même manière, se trouvait à l’arrière de l’arbre. De cette façon, la surveillance de la forêt alentours était idéale. Roxane passa plus d’une heure, seule dans l’arbre creux à contempler la nature luxuriante s’étendant devant elle. Des centaines d’arbre fruitiers peuplaient la forêt et offrait à ses habitants des repas de rois, de très hauts sapins se mêlaient à cet arc en ciel de feuilles et rendaient cette partie de l’île encore plus dense et plus paisible.

Pendant que Roxane était perdue dans ses pensées, elle senti quelqu’un se glisser dans son dos pour  guetter la partie arrière de l’arbre. Surprise, elle se retourna et reconnu les cheveux bouclés de Peter.

- Qu-Qu’est ce que tu fais là ? Lui lança-t-elle.

- Ben je viens faire le guet, je montais avec un enfant perdu mais il y avait déjà quelqu’un alors j’ai décidé de monter mais je ne m’attendait pas à te trouver là ! Répondit Peter avec un sourire en coin.

- Ah… Écoute… Je voulais te dire… Je suis désolée pour hier… Risqua Roxane.

- T’inquiète pas, c’est toujours le même scénario, quand des gens arrivent, il repartent sois le jour même, sois le lendemain, enfin bref, ça ne dure jamais bien longtemps, on finit pas s’habituer ! Lança-t-il avec un haussement d’épaules.

- Quelqu’un est déjà venu ici auparavant ? S’étonna Roxane en redirigeant son regard vers la forêt.

- Oui, on à eu plusieurs visites assez espacées, répondit vaguement Peter en posant son dos contre celui de Roxane de façon à en faire un dossier. Surprise, Roxane se retint de s’adosser à lui, puis, se disant que ce n’était pas plus mal, pressa son dos contre le sien en retour. Elle pris tout de même la précaution de rassembler ses cheveux sur son épaule gauche pour ne pas les coincer.

- Raconte moi, je suis curieuse ! Demanda elle sur un ton enjoué.

- Eh bien en premier il y à eu Wendy et ses deux frères, Michael et John, puis Jane, c’était la belle époque tout ça ! Après, il y à eu Elizabeth et sa sœur Lucy et enfin Moira… mais depuis, plus personne à part toi. Entre temps, des garçons perdus sont arrivés mais il sont tous restés.

- C’est marrant, ma grand mère s’appelait Lucy et ma mère Moira, elles n’arrêtaient pas de nous raconter des histoires parlant de toi, je n’arrive pas à croire que tu est réel ! Remarqua Roxane avec un petit rire discret.

- Ah oui ? Elles ne te les raconte plus ? Demanda-t-il d’une voix innocente. J’ai déjà entendu ça quelque part ! S’exclama-t-il dans un rire.

- En fait, elles sont mortes dans un accident de voiture il y a cinq ans. Corrigea-t-elle en pinçant les lèvres. Oui, tu est connu sous forme de conte dans notre monde.

- Oh, je suis désolé…

- Merci, j’essaie de penser à elles avec de bons souvenirs !

- Tu a raison c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Dit Peter avec un hochement de tête.

A chaque fois qu’il parlait, Roxane sentait son dos et sa tête bouger, elle se concentra pour rester immobile et guetta l’horizon à la recherche d’une quelconque forme suspecte. Au bout d’un moment, quand le silence se fit long, Roxane entrepris de réengager la conversation. Elle avait des tonnes de questions à poser mais celle ci était la plus récente :

- Pourquoi il y à un arc ? Demanda-t-elle d’un ton curieux.

- Eh bien pour se défendre ! Ou alors pour chasser, répondis Peter en réfléchissant, je t’apprendrais si tu veux. Roxane eut un petit rire discret.

- Pour se défendre ? Mais de quoi ? S’étonna-t-elle en levant les sourcils.

- De tout, répondit-il, des pirates, avant tout, des bêtes féroces, des trolls, enfin de toutes les choses dangereuses qui peuplent cette forêt !

- Des trolls ? Qu’est ce que font des trolls sur cette île ?

- Eh bien c’était il y a… euh longtemps, je ne sait pas exactement, Crochet nous a ramené une pierre, plus large que cet arbre. Il l’a déposée sur l’île et à la place de la pierre, un troll est apparu, puis une autre grosse pierre s’est formée, et encore une autre et maintenant, l’île compte une trentaine de trolls indestructibles sur sa côte ouest.

- Il est vraiment prêt à tout ! S’exclama Roxane.

- Ooh oui, ça tu peut en être sure ! Répondis Peter.

- Quel taré, il est… Puis Roxane se tut d’un coup, plus aucun oiseaux ne chantait, le silence était pesant.

- Qu’est ce qu’il y a ? Chuchota Peter.

- Chhh ! Viens voir, chuchota Roxane si doucement que Peter eut du mal à l’entendre.

Il se retourna et s’assit juste à coté de Roxane en plaçant son visage si près du sien qu’ils se touchaient presque. Il chercha ce que Roxane avait vu, en vain, très prudemment, elle dirigea un doigt vers une ombre qui bougeait bizarrement dans la forêt.

- Ne bouge surtout pas… Chuchota Peter. Il était si prêt de son oreille qu’elle l’entendait respirer.

Il tendit le bras vers l’arc et les flèches, attrapa le carquois et s’apprêta à tirer.

- Qu’est ce que c’est ? Demanda Roxane d’un ton anxieux.

- Un troll, continua de chuchoter Peter.

- C’est si dangereux que ça, tenta-t-elle.

- Si il nous voit, si il nous entend, si il nous sent… Il nous tue.

*

Le troll se rapprochait de plus en plus et ses pas faisaient trembler le sol. Peter attrapa le sifflet oiseau et se tourna vers Roxane :

- Surtout, pas un bruit, pas un geste, puis il lui confia son arc et descendit l’échelle, une fois arrivé en bas, Roxane se pencha :

- Peter ! Est ce qu’on peut le tuer ? Il détourna le regard et releva la tête en la secouant de gauche à droite, puis il fila.

Si on ne pouvait pas le tuer, il fallait l’éloigner. Elle ne pouvait s’empêcher de le fixer, il était énorme et dépassait au moins les deux mètres cinquante sa peau ressemblait à celle d’un éléphant, épaisse et râpeuse, son dos était parsemé de flèches et il n’avait pas d’oreilles, ses yeux étaient noirs et sauvages, ses bras étaient très larges et très musclés, ses épaules faisaient au moins un mètre, au contraire, son ventre était squelettique on en voyait les côtes mais sa peau le protégeait, ses jambes étaient également très larges, ses pieds, énormes, il devait chausser au moins du 57, (enfin, même si les trolls ne mettent pas de chaussures !) bref, il s’approchait de plus en plus et la respiration de Roxane commençait à s’accélérer sérieusement.

Il n’était plus qu’à dix mètres, sept mètres, cinq mètres, Roxane était pétrifiée et Peter ne revenait pas, sa respiration se bloqua, le troll approchait toujours, trois mètres, deux mètres, un mètre, finalement, il arriva à l’arbre et s’arrêta à quelques centimètres de Roxane, elle n’osait pas bouger, elle sentis une présence sous elle et regarda en bas du coin de l’œil. Peter était immobile et hocha lentement la tête, Roxane ferma les yeux très fort pour se rassurer, elle serrait l’arc avec tellement de force que ses phalanges blanchissaient. Elle regarda encore Peter qui pointa l’arc qu’elle tenait puis le ciel, sans dire un mot. Roxane prit une grande inspiration et sortit une flèche du carquois. Le fin bruit de glissement qu’elle émit contre les autres flèches interpella le troll qui, dans un mouvement brusque se baissa pour mieux entendre. Sa tête était maintenant à niveau du trou dans l’arbre et son halène écœurante emplit le tronc creux. Roxane grimaça et entrepris d’installer la flèche sur la corde de l’arc, elle le pointa vers le trou béant au sommet et le banda. Sure de son coup, elle tira la flèche qui atterris une vingtaine de mètres plus loin, dans des buissons qui furent secoués par sa vitesse. Le troll se retourna vivement et courut vers le bruit qui résonnait dans la forêt où tous les oiseaux s’étaient tus. Peter, soulagé, relâcha sa respiration et fit un grand sourire à Roxane qui n’y prêta même pas attention. Quand le troll se fut éloigné d’une quinzaine de mètres elle émit un sifflement entre ses deux doigts et encocha une deuxième flèche en la pointant cette fois vers le troll qui s’était retourné brusquement. Au moment même ou il avait tourné la tête, Roxane avait relâché la corde et dégringolé l’échelle en un quart de seconde, entoura Peter de ses bras en faisant reculer tout le monde le plus vite possible. Elle ferma fort les yeux en priant. Dans la seconde qui suivit, le troll tomba raide mort et le sol, ici le plafond, trembla. Puis le silence se fit et personne ne respira tout le long d’une minute. Puis Peter s’écarta et pris Roxane par les épaules et lui lança en la secouant comme un prunier :

- Mais qu’est ce que tu as fait ! Tu est folle, il aurait pu te tuer !

- Mais je suis là, et de toute façon, j’avais prévu de me réfugier ici si ça ne marchait pas ! Répliqua-t-elle en fronçant les sourcils.

- Mais c’est fou ! C-Comment tu as fait ? Lui répondit-il en la relâchant, ahuri.

- Ben, une flèche dans l’œil ça tue même un troll très baraqué ! Puis, un énorme blanc se fit et elle se tourna vers les enfants perdus d’un air étonné. J’ai dit quelque chose ?

Puis une effusion de « Ouais » de victoire s’éleva dans les galeries et tout le monde félicita Roxane.

- Les garçons, pas de jeux, on à eu assez d’émotions pour aujourd’hui, aller du vent ! S’exclama Peter à tous les garçons perdus réunis dans la pièce. Une fois qu’ils quittèrent la pièce, Peter repris : Viens, on va voir ce qu’il reste de lui.

Roxane hocha la tête et le suivit docilement jusqu’au banc du tronc creux. Le troll était effectivement mort étendu sur le sol. Puis Peter s’envola jusqu’en haut de l’arbre et demanda à Roxane de le suivre.

- Euh… Peter ? Mas il ne répondait pas. Roxane décida de ne pas insister et entrepris d’escalader le tronc jusqu’au sommet où elle aperçut Peter tournant autour du troll.

- Regarde ça, en plein dan l’œil ! Lança-t-il, émerveillé.

- Est ce que tu te rend compte que je ne peux pas voler ? Sourit-elle en s’asseyant sur l’écorce un peu trop fine à son goût. Elle espérait juste que cette même écorce n’allait pas cèder sous son poids !

- Ah ouais c’est vrai j’oublie tout le temps ! Dit-il en rougissant légèrement. Il décolla et Roxane s’accrocha à son cou pour qu’ils atterrissent à quelques mètres près du corps du troll.

- Tu l’a pas loupé ! C’est le premier troll que je vois de si près ! S’exclama Peter.

- Ouais ! En plein dans l’œil, c’est le secret ! Rigola Roxane.

- En fait je pense que personne ne pouvais les tuer parce que personne n’avait jamais osé !

- Fallait juste y croire ! Mais qu’est ce qu’il faisait là lui aussi, tu m’avais pas dit qu’ils vivaient à l’ouest ? Demanda Roxane.

- Ouais c’est ça qui est bizarre… Crochet à tout les coups. Réfléchis Peter.

Roxane poussa la tête du troll sur le côté et délogea la flèche qu’elle y avait planté. Dès qu’elle recula, le troll se fragmenta en minuscules morceaux de rocs et y laissa un petite pierre d’un vert immaculé que Peter ramassa et lui tendis. Elle était verte comme une émeraude qu’on avait mélangé avec un diamant et avait l’air extrêmement fragile, Roxane la regarda à travers un rayon de soleil puis regarda Peter. Ce n’est que quelques secondes plus tard qu’elle fit le rapprochement.

  • Regarde le ! Il est de la même couleur que tes yeux ! Peter lança un petit rire.

  • Ah oui ? Il examina la pierre de Roxane et la reposa dans sa main. Il se pressa de la retirer dans un rougissement et ils rentrèrent à l’arbre creux.

*

Là, Peter était bluffé. Une fille arrivait de nulle part en échappant aux sirènes et en tuant un troll avec un arc ! Dans le fond, elle lui faisait un peu peur. A lui. Lui qui n’avait pas peur d’un pirate fou armé d’un crochet tranchant et d’une artillerie lourde, sans parler de son navire muni de ses quarante canons !

Bref, quand ils arrivèrent au pied de l’arbre, Peter s’apprêtait à s’envoler avant de se reprendre pour aider Roxane.

  • Désolé, j’oublie encore ! Dit-il en riant, un peu gêné.

  • C’est pas grave, désolée de t’imposer ça, il n’y a pas d’autre entrées ? Plus proches du sol, je veux dire. Rectifia Roxane.

D’autres entrées ? Comme celle de la grotte dans la falaise, ou celle de la lagune aux sirènes qui ramenait directement à l’arbre creux ? Ou encore celle du tunnel creusé à quelques centaines de mètres de l’arbre ?

  • Non. Non c’est la seule entrée, et puis c’est plus rapide que de prendre le tunnel. Affirma Peter d’un air excusé.

  • Le tunnel ?

  • Oui, le tunnel, en fait, Crochet pense que c’est un terrier mais… Oh… Là il se rendait compte de ce qu’il venait de lâcher. Et Roxane le regardait bizarrement.

  • Oui… C’est une entrée de secours, euh, une sortie de secours, je veux dire ! C’est pour si jamais Crochet trouve… Cette entrée ! S’exclama Peter en montrant le tronc de l’arbre.

  • D’accord… Puis Roxane lui lança un sourire amusé. Utilisons cette entrée alors !

C’est alors que Peter fut pour la première fois frappé par la couleur des yeux de la jeune fille. Ils étaient d’un gris très clair, perçant, cerclé de noir. Il s’étonna d’y trouver une certaine forme d’amusement et d’incompréhension. Bon, il espérait juste qu’elle ait cru son histoire de sortie de secours ! Ils cligna des yeux, se plaça derrière elle et enserra sa taille pour s’envoler avec elle jusque dans le tronc de l’arbre. Arrivés en bas, Peter lâcha Roxane pour s’écarter un peu trop vite. Décidément, il faisait gaffes sur gaffes ! Gêné, il fit mine d’aller chercher quelque chose en se faufilant dans la pièce d’à coter. Elle ne contenait qu’une commode et une chaise, c’était la pièce où on trouvait de tout, elle servait notamment d’infirmerie. « Mais qu’est ce que je fais moi ! Pourquoi je commence à l’éviter ! » Se dit-il en s’appuyant sur la commode. Il se pris la tête entre les mains et continua de se poser des tonnes de questions. Finalement, il s’arrêta au milieu de la pièce.

Il resta planté là quelques secondes.

  • Peter ? Est ce que ça va ? Il sursauta brusquement, Roxane avait l’air inquiet. Ses yeux semblaient s’assombrir d’un coup.

  • Oh ! Oh je suis désolé, je cherchais… Il fonça vers la commode, en ouvrit le tiroir et chercha quelque chose pour se justifier.

Du fil, une aiguille, du tissus, un thermomètre, quelques bandages, non ! Des boutons, une ficelle de cuir, des… Il saisit la ficelle pour la présenter à Roxane, après tout, une ficelle, ça servait à tout !

  • Une ficelle ? Demanda-t-elle, pas très convaincue.

Peter entrepris de prendre un air sur, il avait une idée.

  • Oui, dit-il dans un rire, laisse moi te montrer ! Puis il la dirigea vers la salle commune.

Il lui fit signe de s’asseoir puis tira la chaise en face d’elle pour s’asseoir à son tour.

  • Montre moi ton cristal ! Peter avança sa main en observant la réaction de Roxane.

Surprise, elle le chercha dans sa poche et le lui donna d’un air interrogateur.

Il pris soigneusement la pierre entre ses mains puis entrepris d’enrouler la ficelle de cuir autour en serrant avec force.

Machinalement, il regarda Roxane qui, elle, regardait ses mains travailler sur la pierre. Il reporta son regard sur les yeux de Roxane qu’il se surprit à fixer quelques secondes. Puis, se força à retourner à son bricolage.

Lorsqu’il eut fait plusieurs tours sur le bout du cristal, il entrepris de faire un nœud solide à son extrémité, puis une boucle. Il fixa ensuite un bout de ficelle qu’il présenta enfin à Roxane.

  • Tu en as fait un collier ! S’exclama-t-elle avec un grand sourire. Elle le regarda dans les yeux sans gêne et sans retenue, elle était émerveillée.

  • Oui ! Et solide en plus ! Il avança le cristal vers elle.

  • Tu me le donnes ? Demanda-t-elle en

  • Oui, il est à toi, depuis le début ! Depuis que tu as tué ce troll ! Dit Peter en lui renvoyant son sourire.

Mais alors que Roxane approchait ses doigts de la pierre que Peter tenait encore, cette dernière vira au gris clair, cerclé de noir.

*

  • Comment ça TUÉ?!

  • I-Il est… Mort ? Répondit Mouche de sa petite voix tremblante.

  • C’EST IMPOSSIBLE ! Hurla Crochet, sur le point d’étrangler le petit pirate.

  • Nous n’avons rien retrouvé de ce troll, Capitaine. Déclara Mouche, incertain.

Le Capitaine releva son bras droit, dénudé du Crochet tranchant, qu’il tenait dans sa main gauche. Puis se dirigea brusquement vers Mouche qui recula de frayeur.

  • Ju-Juste de la pierre, c-c’est tout ! Puis le pirate ferma les yeux de peur que le Capitaine le menace de son crochet.

  • Où ça ? Murmura Crochet en serrant les dents. Il posa son crochet sur la gorge de Mouche.

  • P-Près de la côte Est Capitaine, dans la jungle, nous pouvons y retourner si vous voulez…

  • Oui… Retournez y ! Et ramenez moi cette pierre dont tu parles !

Sans un mot, Mouche détala non sans renverser quelques objets au passage.

Crochet s’affala alors dans son fauteuil où il enfila le harnais qui lui permettait de porter son crochet. Une fois installé, sanglé et serré, le harnais de bougeait pas d’un quart de millimètre. Le Capitaine se dirigea alors vers un petit coffre où il rangeait ses crochets préférés. Crochet à double tranchant, crochet en or, crochet en bout de hameçon, tous y étaient. Mais entre tous, le Capitaine préférait de loin son crochet habituel, qu’il vissa non sans quelques grincements au bout de son harnais.

Lorsqu’ils traversèrent l’assemblée, le silence était pesant, le garçon salua le chef dans une autre langue. Ce dernier avait finalement pris un air neutre. Roxane, quand à elle, fit un léger hochement de tête à son intention, un sorte de remerciement, peut être ? Mais un remerciement pour quoi ? Elle n’en avait aucune idée.

- Merci euh… Hésita Roxane.

- Peter, lui sourit le garçon.

- Roxane, lui dit-elle en lui renvoyant son sourire bien que difficilement.

Elle ne le voyait pas clairement dans la nuit mais Peter était largeent plus grand qu’elle, ça, c’était sur. Il avait une force assez prononcée, son apparence ne mentait pas à ce propos, il la soutenait par la taille et elle réprima une grimace de douleur. Elle devait avoir un beau bleu ou une cote fêlée. Elle vacilla, le souffle un peu haletant.

- Wow, ça va ? Tu peux tenir debout ? Lui demanda Peter.

- Oui, oui ne t’inquiète pas je vais bien. Dit-elle en reprenant peu a peu son souffle. Je dois avoir un bleu c’est tout ! Elle lui fit un sourire pas très convaincant et Peter la souleva soudainement de terre pour la porter plus facilement en « mode princesse »

- Accroche toi ça va secouer ! Lui lança-t-il avec un grand sourire.

- Euuh… Qu’est ce que tu fait là ? De normal, sa voix se transforma en un cri apeuré.

Peter venait de décoller et ils volaient au dessus de la jungle. Roxane avait enfoui son visage contre son épaule et fermait les yeux en priant très très fort pour qu’il ne la lâche pas.

- Pourquoi on vole ?! Lui demanda-t-elle d’une voix affolée.

- Pour aller plus vite ! Riait-il.

Quelques minutes plus tard Peter atterrit près d’un arbre très grand et très haut .

- Comment tu fait ça ?! Demanda Roxane, effarée en descendant le plus vite possible en se tenant le ventre, son coté droit était vraiment douloureux.

- Ben… En ayant des pensée agréables !

Peter lui sorti cette phrase insensée avec une telle insouciance que Roxane resta sans voix.

- T’es sure que ça va ? Lui demanda-t-il un peu inquiet.

- Aller, viens, je vais te faire découvrir notre maison ! Puis il lui fit signe de le suivre, tout en restant à proximité, si jamais elle tombait subitement raide morte, peut être.

- Notre maison ? Tu y vit avec tes parents ? Le questionna-t-elle en s’appuyant contre l’arbre.

- Je n’ai pas de parents ! J’ai les enfants perdus ! C’est bien mieux aller viens !

Roxane trouvait cette histoire de plus en plus bizarre. Bon, OK Peter volait, il y avait des indiens sur l’île et des pirates. Allons bon, elle pouvait encaisser ça mais ça faisait quand même gros à avaler tout de même !

- Désolée de faire irruption comme ça sur l’île. Cet… homme… commença Roxane.

- Crochet. L’interrompit le garçon

- Pardon ?

- C’est Crochet, le nom de ce monstre. Il a quelques dents contre moi. Expliqua le jeune homme.

- Eh bien je ne sait pas pourquoi je suis sur cette île, je ne comprend pas pourquoi il m’a amenée ici, je ne comprend pas pourquoi il y a des indiens et… Pourquoi est-ce que tu as parlé de sirènes ?

C’était particulièrement cette dernière allusion qui lui avait mis la puce a l’oreille chez les indiens, les sirènes n’existaient que dans les histoires de sa mère et… Ses histoires ! Roxane s’arrêta de stupeur, la bouche a moité ouverte.

- Qu’est ce qu’il y a ? Demanda Peter.

- Tu… Tu est Peter Pan !

- Oui… Je sais, pourquoi ? Lui répondit-il, intrigué.

- Tu existe !

Là, son cerveau était sacrément bloqué, elle était en plein bug.

- Bien vu ! Mais pourquoi tu demande ça? Aller viens ! Il la poussa jusque dans une trappe creusée dans l’arbre.

- Je ne sait pas pourquoi Crochet t’a amenée ici. Les indiens vivent depuis longtemps sur cette île. Les sirènes ne sont pas aussi gentilles qu’on peut le croire. Elles noient les humains à leur portée ! D’ailleurs je ne comprend toujours pas pourquoi elles t’ont épargné.

Peter continua naturellement à expliquer ce qui, selon lui, s’était passé mais encore une fois Roxane bloqua.

- Quoi ?! Les sirènes existent aussi ?!

- Un second point pour toi ! Tout comme les fées et malheureusement, les pirates. Dit Peter tout en continuant d’avancer.

- Les fées ? Comme la fée Clochette ?!

- Tu la connais ? C’est ma meilleure amie elle est souvent jalouse enfin, a chaque fois qu’une fille viens au pays imaginaire. Il réprima un rire. Mais elle est en voyage, un truc avec ses copine j’ai pas bien compris !

Roxane n’en revenait toujours pas et se laissa guider par Peter jusqu’à une salle où un lit douillet, quelques étagères et un fauteuil étaient installés. Des couloirs débouchaient de partout, il y en avait un au plafond, un a droite, un a gauche, et même un creusé dans le sol, quelques mètres plus loin.

- Peter est revenu ! Lança une voix plutôt aiguë d’un ton enjoué.

Aussitôt, des bruits de pas de course et de fracas retentirent dans les couloirs. Une bande de garçons couverts de poussière débarquèrent en criant, demandant, et s’exclamant de centaines de choses différentes.

- Alors, qui est le nouveau pirate ?!

- Est-ce qu’il est effrayant ?!

- Ils l’ont tué ?!

- Il est prisonnier ?!

- On pourra aller le voir ?!

- C’est qui ?

- On fait un jeu !

- Aïe !

- Eh pousse toi !

Peter se tourna vers Roxane et clama d’une voix haute et claire.

- Voici Roxane, notre nouvelle maman, elle a été capturée par les indiens et prise pour un pirate mais elle viens de l’autre monde !

Aussitôt, les voix fusèrent de nouveau.

- Ouais !

- Super !

- Raconte-nous une histoire !

- Mais c’est pas un pirate alors…

- Trop bien !

- Eh oh ! On joue a un jeu ?

- Eh c’était mon pied !

- Ha ha bien fait !

De partout différents avis fusèrent et des objets volaient dans tout les sens. L’enthousiasme était à son comble.

- Euh… Peter. Qu’est ce que tu veut dire par « nouvelle maman » ? Fit Roxane un peu perdue, elle avait des cernes immenses et commençait à mélanger ses pensées.

- Tu nous raconte des histoires ! C’est ce que font les mamans ! Répondit-il avec un grand sourire.

Peter Pan, la fée Clochette, le capitaine Crochet et les pirates, les indiens, les sirènes ! Tout existait ! Ces histoires étaient entièrement vraies !

- Peter, je veux bien rester ici le temps de reprendre des forces et vous raconter des histoires mais justement, j’ai fait une nuit blanche difficile et avec tout ce bruit, le migraines arrivent vite ! Enfin je… Elle ne savait pas par ou commencer sans blesser Peter.

- Roxane a raison ! Il faut la laisser dormir et demain, on jouera à un jeu !

Alors, tout les garçons perdus s’exclamèrent en chœur :

- Bonne nuit maman ! Puis retournèrent à leurs occupations non sans que Peter aie un peu de mal à les renvoyer.

Une fois que tout les garçons eurent quitté la pièce, Peter regarda attentivement Roxane qui, gênée lui demanda :

- Qui y a-t-il ?

- Tu a précisé « le temps de reprendre des forces » ça veut dire que tu ne restera pas… commença Peter en détournant le regard.

- Peter… Je suis désolée j’ai… essaya de s’expliquer Roxane, mais il la coupa directement en prononçant sèchement ces derniers mots.

- …Une famille. Puis il tourna les talons en lui souhaitant bonne nuit.

- Peter je… Mais il était déjà parti loin. Bonne nuit, lui répondit-elle tristement. Puis elle se coucha et s’endormit aussitôt.

*

James Killian Crochet était un homme égoïste, prétentieux et malheureusement, très intelligent. Seulement, sur cette île, il avait trouvé quelqu’un de plus intelligent que lui. Quelqu’un de plus insouciant, de plus heureux. Car le capitaine James.K Crochet était très malheureux. Il avait perdu sa compagne, il avait perdu sa main, et maintenant, il avait perdu son trésor ! Enfin, un sixième de son trésor, les cinq autres sixièmes étaient bien au chaud dans la cale du Jolly Roger. Et tout cela, il l’avait perdu à cause de ce gamin ! Ce Peter Pan ! Enfin, « ce gamin » avait grandi, il avait mûri, surtout ! Et ça, le Capitaine comptait bien s’en servir pour l’éliminer. Mais pour l’instant, tout était en place, il ne suffisait que d’un peu de patience et tout rentrerais dans l’ordre. Il devait juste manipuler la fille de façon à ce qu’elle aille pleurer dans les bras de ce cher Peter Pan, et ensuite, il prendrait un malin plaisir à lui renvoyer tout son malheur ! Rira bien qui rira le dernier…

*

Est-ce qu’il arrivait à dormir ? Non.

Peter était bien trop occupé à repasser les images de cette nuit dans sa tête.

Lorsqu’il avait vu cette fille pour la première fois, son apparence l’avait frappé. De loin, elle avait l’air épuisée, même avec les yeux bandés, ses traits reflétaient combien elle se sentait perdue.

Comment les indiens avaient-ils pu croire qu’elle représentait une menace ? C ’est quand il s’était approché d’elle un peu plus près qu’il avait remarqué le sable dans ses cheveux vénitiens et dans son dos. Il voyait bien que le feu la brûlait de sa chaleur, il ne pouvait pas ignorer sa respiration haletante, son front moite. Alors il lui avait donné de l’eau, convaincu de son innocence. Quand elle avait parlé de sa traversée jusque sur la plage, tout avait pris un sens, elle avait du sable dans ses cheveux parce qu’elle s’y était allongée d’épuisement ! Le bateau était à un peu plus de trois cent cinquante mètres de la plage, pas étonnant qu’elle voulait se reposer, mais le problème des sirènes restait tout de même. Pourquoi ne l’avaient-elle pas noyée ? Un jour, Peter avait vu un pirate tomber à l’eau, Crochet s’était contenté de l’ignorer et avant même que le pirate ai pu rejoindre la coque du navire, il avait disparu dans les profondeurs de l’océan sans jamais remonter. Elle n’aurais même pas pu nager deux mètres ! C’était bizarre. Mais en fin de compte, elle était comme toutes les autres, elle repartirait le lendemain pour aller retrouver sa petite famille et sa maison londonienne.

Il regarda une dernière fois cette fille qui dormait sans un bruit avant de fermer les yeux et s’endormir à son tour.

CINQ ANS PLUS TARD2014

Roxane se coucha tard, elle s’était convaincue de finir un livre passionnant qu’elle avait commencé la veille. C’est alors somnolente qu’elle le posa sur sa table de chevet. Quand elle s’apprêtait à fermer les yeux, elle vit un ombre énorme passer rapidement devant sa fenêtre. Surprise, elle se redressa lentement, prudente. Avec un semblant de peur, elle s’approcha de la fenêtre pour l’entrouvrir. Un courant d’air hivernal se faufila jusque dans ses cheveux et la fit frissonner. Il n ‘y avait rien, elle avait juste une imagination débordante, voilà tout ! Elle ferma la fenêtre et se retourna le cœur battant pour aller se recoucher puis reposa sa tête sur son oreiller. Après quelques instants, elle ferma les yeux.

*

Les heures passaient, lentement, bien trop lentement. Roxane se retourna pour la centième fois sans pouvoir trouver le sommeil, ses yeux se posèrent de nouveau sur la fenêtre. Elle s’assit sur le rebords du lit et enfila ses chaussons, puis se leva et s’approcha de la fenêtre encore une fois mais rien n’avait l’air étrange. Elle la referma soigneusement et tira les rideaux en soupirant. Toute cette histoire d’ombres la rendait paranoïaque, ça pouvait être un oiseau après tout, mais alors un très très gros oiseau si c’était le cas. Soudain, Roxane sentit une lourde présence derrière elle. Une main se plaqua fermement sur sa bouche et son nez. Prise de panique, elle voulut crier mais la main l’en empêchait. Elle ne pouvait produire aucun sons alors elle se débattait violemment. Elle réussit à faire vaciller l’homme, ce qui le fit reculer de quelques pas jusque sur une armoire en bois. Entre temps, la main de l’homme se décala et Roxane la mordit de toutes ses forces, il se retourna pour l’immobiliser contre l’armoire, en plaçant cette fois sa main sur son cou. Roxane essayait, en vain, d’écarter cette main qui l’étranglait mais elle se vidait de ses forces, ne pouvait plus respirer et commençait à avoir des vertiges. Elle n’eut qu’un bref aperçut de son agresseur, un homme aux courts cheveux noirs et aux yeux bleus très clairs. Mais ce qui la frappa le plus dans le physique de cet homme, c’est qu’il portait un crochet a la place de sa main gauche.

*

Crochet ne fit qu’une bouchée de la jeune fille, il la maintenait tellement fermement qu’elle ne mit pas longtemps à perdre conscience. Inerte, il la prit dans ses bras et ouvrit la fenêtre en grand. Il lança le signal et une corde tomba du ciel. Il s’accrocha solidement a cette dernière qui remonta rapidement jusque sur le pont du Jolly Roger.

- Capitaine, tout s’est bien passé ? Demanda un matelot.

- Oui parfaitement, laissez moi seul dans ma cabine. Ordonna Crochet.

- Bien monsieur !

Le capitaine s’enferma dans ses appartements et déposa la jeune fille sur le lit, il la recouvrit de la couverture puis se mit à réfléchir à comment il allait réussir son plan. C’était bien la même maison où Pan avait l’habitude de roder. Il devrait mordre à l’hameçon. Bien. Quand elle se réveillerait, il mettrait tout en scène et elle le mènera docilement jusqu’à ce Peter Pan.

*

Quand Roxane se réveilla, sa tête lui faisait horriblement mal. Puis, elle se rappela de l’incident d’hier soir. Piquée a vif, elle se tendit et regarda soigneusement autour d’elle. C’était une pièce assez large et soignée, les murs étaient sculptés et dorés, les meubles s’accordaient parfaitement au thème de la chambre style Louis XIV. Elle était installée dans un lit en bois, sur un matelas moelleux. La couverture était d’un rouge sang et brodée de fils d’or. Elle se leva lentement car sa tête la lançait encore puis, elle se rendit compte que la pièce bougeait. En fait, elle était sur un bateau ! Elle découvrit qu’elle était encore en pyjama et que c’était vraiment désagréable, surtout en sachant qu’elle avait été kidnappée. Elle trouva une pile de vêtements sur un bureau posé contre un mur, les examina. Un pantalon et des chaussures souples en cuir, une chemise et… un corset ?! Mais enfin on était pas au moyen-age ! Elle choisit donc d’enfiler uniquement la chemise. Sauf que cette dernière était vraiment, beaucoup trop grande pour elle ! Lorsqu’elle se regarda dans un miroir posté sur l’unique porte de la chambre, elle nota qu’elle lui arrivait aux genoux et qu’on confondait son buste et ses bras… Bon, finalement, le corset pouvait servir. Elle enfila donc la chemise et le corset ( Elle se trouvait vraiment pas mal avec en fin de compte ! ) puis poussa discrètement la porte-miroir de la cabine. Elle observa le petit salon équipé d’un piano, non, d’un clavecin et d’un sofa brodé, elle avait vraiment l’impression d’avoir fait un bond dans le passé ! Soudain, un homme habillé de cuir noir passa devant elle sans la voir mais Roxane le reconnut directement, c’était l’homme qui l’avait presque tuée pour la ramener ici ! Prise de panique, elle réfléchit à toute vitesse et chercha les issues possibles. La porte ? Non l’homme était dans le salon, elle ne pouvait pas passer sans qu’il ne la voit ! Les fenêtre ? Oui, les fenêtres ! Elle se précipita vers les fenêtres à l’arrière de la chambre, une seule était grande ouverte, elle regarda en contre bas mais le bateau était en pleine mer. Elle aperçut une île non loin de là, et évalua la longueur du trajet. Elle avait fait de la natation au collège et savait nager, mais en mer, c’était différent, il y avait du courant ! Il devait y avoir quelques centaines de mètres entre elle et la terre ferme. Elle entendit des pas se diriger vers la chambre et n’hésita pas plus longtemps pour sauter magistralement dans l’eau salée. Elle chuta sur au moins 20 mètres avant de plonger. L’eau était étrangement chaude et claire. Les fonds marins étaient merveilleux, des poissons multicolores nageaient en formation serrées, mais, de peur que ses kidnappeurs la rattrapent, elle ne s’attarda pas sur le paysage.

Roxane avait nagé longtemps et elle était épuisée. Elle avait peur, elle avait mal partout, elle s’écroula de fatigue sur le sable humide. Après une demie heure de repos, elle finit par se relever, complètement perdue sur cette île qu’elle ne connaissait pas. Mais qu’est ce qui lui avait pris ?! Elle mourrait de faim et de soif, elle ne savait pas se débrouiller seule pour survivre ! Elle se mit à chercher inlassablement une trace de civilisation mais en vain. C’était perdu d’avance ! Elle se mit à tourner en rond encore et encore elle ne savait plus où elle était, elle décida de monter pour prendre de la hauteur et éventuellement trouver un endroit ou dormir. Car le soleil se couchait lentement mais sûrement ! Elle entama l’escalade de l’île jusqu’à une prairie vaste et sèche. Elle empila quelques branche sur le sol et les entoura de pierre rondes. Puis elle frotta deux roches l’une contre l’autre en produisant quelques étincelles. Elle reproduisit le geste plusieurs fois mais elle n’obtenait que de la fumée dense qui s’élevait vers le ciel. Elle abandonna et reposa sa tête sur ses genoux non sans se traiter d’idiote. Un feu ce n’était pas aussi facile à faire que dans un film ! En plus, les gros problèmes n’arrivent jamais sans les petits désagréments ! Ses cheveux bouclaient énormément au séchage. Et là, elle avait nagé dans de l’eau salée. Elle tenta tant bien que mal de les lisser avec ses mains mais les pointes rebiquaient inlassablement. Bref, avec des cheveux longs jusqu’aux reins et pas d’élastiques à disposition, sur une île déserte, c’était la galère !

Des craquement de branchages la fit se relever d’un coup, un homme à la peau rouge avec des plumes blanches dans les cheveux sortit de la jungle environnante.

- Qui êtes vous ? Demanda Roxane, prudente

- Moi indien, toi pirate !

Alors l’homme aux plumes lança un ordre dans une langue étrangère que Roxane ne comprit pas et d’autres indiens portant des plumes de toutes les couleurs sortirent d’entre les arbres et attachèrent Roxane solidement.

- Eh ! Non attendez je ne suis pas un pirate ! Relâchez moi ! Cria Roxane en se débattant alors que deux indiens immobilisaient ses bras .

Un des indiens se plaça devant elle et l’observa d’un œil méfiant.

- Toi nous suivre, nous aimons pas les pirates, être menteurs.

- Quoi ?! Mais je ne suis pas un pirate ! Libérez moi, je ferais tout ce que vous voudrez ! Tenta Roxane, affolée. Les deux hommes avaient une poigne d’enfer, elle avait beau peser de tout son poids pour planter ses pieds dans la terre sèche, se débattre, ils ne lâchaient pas !

- Nous avons pas besoin de toi, si toi continue, ce soir toi partir. Mais en accompagnant sa phrase il imita une lame passant sous sa gorge, alors Roxane comprit que dans le sens de « partir », l’indien voulait dire « mourir » et Roxane n’aimait pas du tout ça. Elle ne broncha donc pas lorsque l’indien aux plules blanches lui passa un bandeau sur les yeux. Elle se fit ensuite docilement conduire par ses deux gardes vers une forêt très dense. Le voyage se fit difficilement, Roxane sentais sous ses pieds le sol se durcir encore et encore, elle vint au fait qu’elle était sur de la roche et vu qu’elle avait l’impression de monter des marches, sur une montagne ! Ou un truc haut en tout cas.

Quand les indiens arrivèrent à leur campement où s’élevait de haut tipis décorés de peinture, ils la conduisirent au centre de la place et l’attachèrent fermement a un poteau de bois planté profondément dans le sol. Après avoir allumé un grand feu dans son dos, tous les indiens quittèrent les lieux, la laissant seule, les yeux bandés. Malgré tout, elle sentait la chaleur vive du feu dans son dos, elle devinait sa taille grâce à l’intensité de cette même chaleur qui la fit bientôt haleter. Là, elle avait chaud, mais très, très chaud ! Elle sentait une goutte de transpiration perler sur son front et ses mains devenir peu à peu moites. L’air devenait vite irrespirable, Roxane en déduit que ce feu devait plus avoir l’air d’un bûcher maintenant. En plus de cette chaleur presque insoutenable, Roxane était très mal positionnée, ses jambes étaient repliées de coter et une corde très serrée maintenait son buste contre le poteau, l’empêchant de bouger. Son dos commençait à la faire souffrir, sa tête devenait de plus en plus lourde et s’abaissait, coupant un peu plus sa respiration entre coupée. Soudain, Roxane senti une présence à coter d’elle, elle releva la tête, espérant une quelconque aide. C’est alors qu’elle senti un rebord frai se poser entre ses lèvres, puis une eau délicieuse en coula doucement. Soulagée par cette attention, Roxane s’empressa d’avaler à petites gorgées l’eau offerte. Mais dans les secondes qui suivirent, elle entendit de bruits de pas s’acheminer un peu partout autour d’elle et une voix très grave lança un profond « Hoy ! » qui coupa court la source d’eau. Après quelques chuchotements indiscrets, quelqu’un finit par abaisser son bandeau une vielle femme qui se tenais extrêmement penchée.

Roxane jeta des regards affolés autour d’elle. Des dizaines d’indiens s’étaient rassemblés et paraissaient la blâmer avec des yeux froids, des enfants se cachaient avec peur derrière les jupes de leur mères ou derrière un tipis. Seuls deux personnes dans la foule sortaient du lot. Ils semblaient discuter à voix basse. Un homme grand et carré, il devait faire au moins deux mètres, il portait une longue coiffe de plumes noires et blanches, sa peau était traversée de cicatrices bien visibles et des yeux brillaient de colère froide. On aurait presque reconnu le père de Pochaontas ! D’ailleurs, Roxane se demandait vraiment dans quel monde elle avait atterri parce que là, soit elle faisait un mauvais rêve, soit elle s’était perdue dans un quelconque studio Hollywoodien !

Mais à coter de cet homme imposant se tenait un garçon d’environs l’âge de Roxane, un peu plus petit, dans les mètres quatre-vingt dix, ses cheveux étaient plutôt courts mais bouclés, ses traits étaient fins, il était vêtu d’un tee-shirt sans manches en cuir terne dans les tons verts qui faisait ressortir ses bras musclés, et d’un pantalon du même type mais plus large. Enfin, il portait des bottes qui avaient l’air de venir du monde moderne, elles étaient noires, hautes et serrées jusqu’aux mollets. Roxane se surprit à revenir sur son visage qu’elle détailla plus : Des traits soucieux, une boucles qui retombait devant ses yeux qui semblaient avoir toutes les teintes de vert pouvaient exister, des yeux qui la fixaient.

La vielle femme, qui paraissait être la chaman du village s’avança vers elle et coupa le contact visuel. Ses cheveux étaient gris, parsemés de plumes brunes, elle portait comme une robe de peau, à l’ancienne, et des chaussures similaires.

- Relève la tête, Pirate. Ordonna froidement la chaman en lui tira les cheveux en arrière, l’obligeant à tordre à moitié son cou

- Je ne suis pas un pirate répéta indéniablement Roxane.

Elle senti une lame froide se glisser sur sa gorge. C’était une lame gravée dans un os blanc et solide, le manche était parsemé de plumes rouges, un peu trop rouges à son goût d’ailleurs. Existait-il un oiseau ayant des plumes rouges ? Rouge sang ?

- Tu viens du bateau de l’homme au crochet, tu porte les habits de pirate donc tu est un pirate. Rétorqua la chaman, tirant Roxane de ses réflexions.

- Non, je me suis enfuie, il m’a enlevée, j’ai plongé du bateau pour rejoindre la terre, c’est une erreur ! Répéta Roxane.

- Attendez ! Lança une voix de garçon, le garçon qui l’avait fixée ? Tu dit que tu a plongé et que tu t’est échoué sur l’île ?

Roxane, les yeux baissés sur la lame ne vit que les jambes du jeune home s’approcher. Ses bottes avaient l’air militaires, de plus près, Roxane se surprit à hausser un sourcil.

- Oui, je me suis enfuie, je n’avais pas le choix, il m’a ramenée ici de force ! Dit-elle malgré tout, la lame toujours présente contre sa gorge, elle ne pouvait s’empêcher de la fixer.

- C’est impossible. Les sirènes t’auraient noyée, tu ne peut pas avoir traversée intacte. Répliqua le jeune homme.

- J’ai traversé, je le jure ! La preuve je suis là ! Cria Roxane en essayant de reculer. Mais entre un couteau sur sa gorge et un bûcher, elle était un peu coincée !

Mais avait-il dit « sirènes » ?

Le couteau frôla la gorge de la jeune fille et un peu de sang coula. Roxane réprima une grimace et avala sa salive, sa bouche était subitement devenue très sèche et son cœur battait à cent à l’heure. Elle oublia les sirènes pour se concentrer sur la lame. Quand elle releva les yeux, ce fut pour chercher ceux du garçon qui s’était approché, cette fois il avait l’air surpris et perdu, mais il avait l’air de réfléchir.

- Place ton regard dans me yeux, demanda la chaman en réduisant l’appui du couteau.

Roxane, qui avait quand même un caractère bien forgé, n’hésita pas à regarder la vielle femme dans le blanc des yeux. Elle y lut la surprise et la sentit ranger son couteau puis reculer, effarée, presque bouleversée. Dès que la chaman la lâcha la tête de Roxane retomba. Elle se sentit soulagée car elle avait du lutter pour ne pas montrer sa douleur au cou à tout le monde et surtout pas à la chamane.

- Tu viens de l’autre monde !

Quoi ! Mais de quoi elle parlait celle là ? Était-elle une extraterrestre ou un truc comme ça pour tous ces gens ?

La vielle femme ordonna quelque chose dans sa langue et les liens tombèrent. Roxane s’écroula sur le sol dur et poudreux, les hommes qui avaient coupé ses cordes ne lui avait pas fait de cadeaux, il avaient coupé es cordes du buste en premier, évidement, lorsqu’ils avaient coupé celles de ses poignets, Roxane n’avait eu aucun appuis et avait goûté la poussière et se relevait difficilement. Ses poignets meurtris par les cordes la faisait souffrir et la fatigue l’empêchait de tenir debout correctement. Même avec un caractère comme le sien, on tenait pas trois cent mètres de nage et une nuit blanche !

- Je vais la ramener chez nous. Dit le garçon en s’empressant de la soutenir.

La vielle femme hocha la tête sans dire un mot et il l’emmena avec lui.

2009 :

Ce jour là, Roxane et Nathan attendaient depuis une heure sur les marches de leur école, sous la pluie.

  • Roxane, j’ai froid ! Dit Nathan.

  • Viens là, je vais te réchauffer, répondit-elle en l’attirant vers elle.

Bientôt, lorsque le jour commençait à décliner, la directrice vint pour fermer les portes.

  • Mais enfin, qu’est ce que vous faites encore ici ! S’indigna-t-elle. Vous êtes tout trempés, rentrez !

  • Merci madame, dit Roxane. Notre mère n’est pas venue nous chercher aujourd’hui, elle a du avoir un contre temps au travail.

  • Oui mais quand même, la classe s’est terminée il y a deux heures et demie ! Je vais appeler vos parents.

  • D’accord. Répondit Roxane en rentrant dans le bureau. C’était une pièce de taille moyenne, qui comportait un grand bureau en bois massif et une armoire en fer dans le coin droit, une chaise roulante imposante se tenait derrière le bureau. Devant celui ci étaient postés deux fauteuils de mousse à l’allure plutôt confortable. Nathan, qui s’était caché derrière sa jupe d’écolière, la pinçait involontairement.

  • Nathan tu me fais mal, lui chuchota-t-elle en l’écartant.

  • Je veux ma maman, se plaignit-il.

  • Tais toi, la directrice est en train de l’appeler ! Puis elle se retint droite.

Mme Moresby était quelqu’un de très sévère. En classe du moins. Un seul faut pas dans la tenue ou dans la discipline et s’était une retenue assurée. Roxane la craignait plus que personne et veillait à sa posture.

  • Enfin asseyez vous mes enfants ! S’exclama Mme Moresby en leur indiquant les deux fauteuils moelleux.

  • Oui Madame. Répondit Roxane en s’exécutant. Elle fit les gros yeux à Nathan qui s’assit dans le deuxième en bougonnant tous bas.

Finalement, Mme Moresby finit par avoir quelqu’un au téléphone.

  • Oui, monsieur ! Oui vos enfants attendent depuis deux heures devant l’école ! Oui c’est exact ! Non, personne, et c’est fort regrettable ! Très bien ! A tout de suite ! J’espère bien oui ! Au revoir ! Puis elle raccrocha le téléphone d’un geste sec.

  • Les enfants, votre père est en route pour vous ramener chez vous ! Vous pouvez rester là en attendant, je reviens. Leur dit elle avec de grands yeux.

  • Merci madame ! Répondit Roxane. Puis la directrice referma la porte derrière elle.

La pièce avait été éclairée par un lustre qui devait encore dater du siècle dernier et par une lampe de bureau qui, elle, avait l’air très moderne. Le temps était médiocre, la pluie assombrissait le ciel de façon à ce que les rues soient plongées dans l’obscurité.

  • Tu vois papa, va arriver d’une minute à l’autre !

  • Mais c’est Maman que je veux moi ! S’exclama Nathan.

  • Chhht ! Mme Moresby est juste à coter s’affola Roxane en baissant la voix.

Il attendirent encore et encore sans un bruit, puis Mme Moresby entrouvrit la porte doucement.

  • Les enfants, votre père est arrivé, leur annonça-t-elle d’une voix très douce.

  • Merci de nous avoir accueillis en attendant madame ! Remercia Roxane en se levant.

  • C’est tout naturel, je vais vous reconduire dehors. Puis elle pris quelques affaires et un parapluie, ferma la porte du bureau à clef et ils se dirigèrent vers la sortie.

Dehors, leur père les attendaient dans sa vielle Honda Civic rouge. Il s’excusa pour son retard, les fit monter dans la voiture puis la directrice le pris a part en lui posant une main compatissante sur l’épaule. Roxane voyait bien que quelque chose n’allait pas mais elle n’avait que onze ans et Nathan, du haut de ses sept ans commençait déjà à s’endormir sur la banquette arrière. Finalement son père monta dans la voiture sans dire un mot jusqu’à leur entrée dans leur maison.

  • Roxane, ma chérie, je dois te dire quelque chose d’important. Vas attendre dans le salon je reviens. Puis il monta coucher Nathan qui dormait à point fermés.

Roxane enleva son manteau, le suspendit à un crochet sur le mur puis elle se dirigea vers la cuisine où elle se servit un verre d’eau fraîche. La nuit était complètement tombée, elle n”avait pas faim mais grignota quand même un bout de pain. Quand son père redescendit, elle était installée sur le canapé, un livre à la main. Il s’assit à ses cotés et se tourna vers elle.

  • Roxane, il… Rob s’interrompit quelques secondes. Il y a eu un accident et… Maman et mamie Lucy venaient vous chercher quand un camion à grillé un feu rouge et… Les pompiers ont fait tout ce qu’ils ont pu mais… C’était trop tard.

Roxane ne savais pas quoi dire. D’abord elle pleura dans les bras de son père puis exténuée, elle alla se coucher. Quand elle s’endormit, c’était dans un sommeil agité. 

Moira finissait son histoire.

- C’est alors que Peter Pan reprit Clochette de la main du terrible Capitaine Crochet qu’il poussa sur la planche, l’obligeant à sauter dans l’eau où l’attendait le crocodile ! Peter et les enfants perdus s’envolèrent alors dans le ciel avec le précieux trésor du Jolly Roger et jamais, le capitaine ne put le retrouver… termina-t-elle sur un ton brumeux.

- Encore une, maman ! Encore une ! Se mit à crier le petit Nathan. Roxane, elle, le pris dans ses bras en se préparant à entendre la suite de l’histoire.

- Non, non, ce sera demain soir, il se fait tard ! Tout le monde au lit ! Dit Moira en se levant de son fauteuil. Elle alla border les enfants dans leurs lits respectifs et brancha la veilleuse qui diffusa une douce lumière bleue dans la chambre avant de refermer doucement la porte en leur souhaitant bonne nuit.

- Ils dorment ? Demanda Rob à Moira.

Rob était le mari de Moira et le père de leurs deux enfants. Ils étaient maintenant mariés depuis quinze ans et se préparaient à fêter l’anniversaire de Roxane, onze ans et de Nathan, sept ans le week-end prochain.

- Presque, mais ils ne vont pas tarder, répondit-elle dans un soupir fatigué.

- Allons nous coucher nous aussi, dit Rob en posant une main sur son épaule.

Alors qu’ils traversaient le couloir menant à leur chambre, la voix de Roxane se fit entendre à travers la porte de sa chambre.

- Maman ! Maman ! C’est Peter Pan viens voir, c’est Peter Pan !

Le cœur de Moira se souleva d’espoir, elle se précipita en ouvrant la porte à la volée, Nathan se frottait les yeux, Roxane était penchée à la fenêtre.

- Ne te penche pas tu vas tomber ! L’avertis Moira en prenant sa place, elle regarda dans tous les sens, à droite, à gauche, en bas, en haut, rien. Elle attendit une trentaine de secondes, espérant un miracle mais rien ne vînt. Ce n’est que quand elle s’apprêtait à se retourner qu’elle aperçut du coin de l’œil une étoile filante traverser le ciel vers la deuxième étoile à droite. Son mari lui passa une main compatissante dans le dos.

- Il est repassé ? Demanda-t-il.

- Et il s’est enfui sans nous passer ne serait-ce qu’un salut ou un au revoir… Répondit Moira en baissant la tête.

- Tu sais, nous avons grandi depuis, lui n’est resté qu’un enfant, il est comme il est, il reviendra peut être un jour quand il sera prêt.

- Oui, tu as raison, allons dormir. Dit Moira en fermant la fenêtre. C’est alors que Roxane l’interrompit dans son mouvement.

- Non ! S’il te plaît, ne la ferme pas ! Et si jamais il revient ?

- Toi à son âge… Soupira Rob en déposant un baiser sur le front de Moira. Cette dernière ne ferma pas la fenêtre, elle s’approcha de Roxane et de Nathan et leur dit en les serrant dans ses bras :

- Je vous aimes.

Puis elle les borda une dernière fois et une dernière fois, elle referma la porte de la chambre en jetant un dernier regard à la fenêtre.